Les séries TV qui nous mettent à la mode

Hello les aspies (ou ceux qui nous vénèrent),

Cette semaine, j’ai envie d’aborder un sujet un peu moins sérieux quoique ! Les séries TV qui nous mettent à l’honneur.

 

 

ALPHAS

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Année : 2011

Nombre de saisons : 2

Origine : Américaine

Style : Action fantastique

Histoire : Nous somme dans les années 2000 et le genre humain commence à évoluer neurologiquement. Des hommes et des femmes ont des pouvoirs, ils sont appelés Alphas. Capacité d’influencer, de pouvoir gérer les champs électro-magnétiques, contrôler les phéromones qui jouent sur le comportement des gens, autant de capacités que chacun peut posséder. Mais face à ces personnes dotées d’aptitudes, le gouvernement a décidé de donner des médicaments aux femmes enceintes afin qu’il n’y ait plus de dérives neurologiques durant la grossesse. Drapeau Rouge est un groupe d’alphas qui se bat pour leur liberté quitte à ne pas faire dans la dentelle. Face à eux, une autre équipe d’alphas qui travaillent pour le gouvernement et essaye de déjouer leurs plans.

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L’aspie : Dans la série, Garry est un jeune adulte autiste et alpha. On le voit prendre de l’assurance au fur et à mesure et imposer sa personnalité. Le personnage n’est pas antipathique, se lie d’amitié avec une autiste mais bien plus lourde. La série met en évidence  les dilemmes auxquels nous sommes parfois sujets (naïveté, obsession, froideur, amitié…). Son pouvoir est de capter toutes les ondes et de faire des recherches via celles-ci (Internet, caméras de surveillance, mobiles). Son aide est indispensable à la résolution des enquêtes.

Ce que j’en pense : Il est clair que la série soulève énormément de questions et est très très subtile quant à son traitement de l’autisme qui a clairement une place dans la série puisque c’est tonné haute et fort (Garry n’hésite pas à dire qu’il est autiste fièrement) ! Sans vouloir spoiler, vous verrez que dans la série un autre autiste entre en jeu qui a un grand pouvoir. Clairement, il y a le message de « et si la différence était juste le futur de l’homme? » tiens tiens ça me rappelle un de mes articles. Le réalisateur ou l’auteur de la série doit avoir dans son entourage un proche autiste car certaines infos ne peuvent être comprises que par ceux qui connaissent le trouble (Garry évoque par exemple son score sur l’échelle de CARS).

Conclusion : A voir quand même parce que des séries qui traitent l’autisme y’en a aucune si ce n’est celle-ci. Après au niveau de l’histoire, j’ai trouvé ça très plat, voir parfois trop plat et très dirigé. Les effets spéciaux sont très moyens, beaucoup de choses improbables. On peut se douter de ce qui va se passer et les rebondissements sont prévisibles. La série de plus me rappelle fortement Heroes. On ne peut pas réellement dire que l’idée soit novatrice (je pense un peu à X-men Xavier contre Magnéto, c’est le même principe). Visiblement c’est ce que beaucoup de personnes ont dû penser car la série ne verra pas de saison supplémentaire et l’intrigue se coupe en plein milieu à la fin de la saison 2. J’avoue donc ne pas avoir regardé la seconde saison et m’être arrêtée à la fin de la première.

 

 

THE BIG BANG THEORY

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Année : 2007

Nombre de saisons : 7

Origine : Américaine

Style : comédie

Histoire : Dois-je seulement évoquer la série tellement elle est connue ? C’est l’histoire de quatre jeunes scientifiques très geek mais tous très différents qui partagent leur quotidien avec leur voisine plutôt décalée Penny, une blonde qui a raté sa carrière d’actrice et travaille comme serveuse. Autant dire que la différence de niveau est énorme, mais ouverture d’esprit et amitié triomphe dans cette série humoristique.

Shamy

L’aspie : Sheldon Cooper est un Asperger profond qui frôle plus l’autiste de haut niveau à mon sens de par ses difficultés sociales et son très très haut potentiel le coupant de toute logique émotionnelle. Arrachant son doctorat de physique à l’adolescence, il cumule toutes les difficultés des autistes :  soucis relationnels, obsessions, naïveté, intérêts restreints, impossibilité de mentir, non compréhension de l’ironie ou de l’humour, ne vise que ses intérêts, changement d’environnement ou d’habitudes impossibles, règles de vie strict, …. Même si les auteurs de la série se défendent que Sheldon soit Asperger, un clin d’oeil est toutefois fait à l’arrêt de la série Alphas par Sheldon dans la saison 7.

Dans la fin de la saison 3 apparaît Amy Farah Fawler, une fille qui semble aussi autiste avec qui il entretiendra une relation platonique qui évoluera au fil du temps et qui peut montrer à quel point l’amour chez les autistes ne se base pas sur les mêmes critères que les NT.

Ce que je pense : L’ambiance universitaire de haut niveau et tous les intérêts restreints mis en évidence (BD, fantasy, séries cultes comme Star Wars/Dr Who/Star Trek/…, MMORPG, Seigneurs des Anneaux, haute technologie et bien d’autres) fait qu’à un moment ou un autre on peut s’identifier dans leur univers. Penny arrive très bien à mettre en avant les difficultés de compréhension que peuvent avoir les HP avec les gens dits « normaux ».

En conclusion : Sheldon représente l’autisme masculin de haut niveau plus que l’Asperger à mon sens car il a quand même d’énormes difficultés et à besoin en partie d’être assisté. Là où les Aspergers peuvent normalement être indépendants (après cette question est un long débat). Ce qui est agréable, c’est de voir le personnage évoluer et faire des efforts sur lui-même pour essayer de s’améliorer même si cela doit passer par beaucoup d’incompréhensions et de prise sur soi. Au final, même si son personnage est arrogant et hautain, la série tourne autour de lui et il devient très attachant (d’ailleurs l’acteur a gagné plus d’un prix d’interprétation).

Un conseil : C’est juste un sacrilège de regarder cette série en VF, Sheldon perd la moitié de sa personnalité. D’autre part, la série est vraiment très mal traduite dans notre langue et donne à Sheldon une douceur de langage qu’il ne possède pas vraiment.

 

 

HANNIBAL

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Année : 2013

Nombre de saisons : 2

Origine : Américaine

Genre : Thriller-horreur

L’histoire : La saga de Thomas Harris est revisitée dans une série. Ne vous attendez donc pas à retrouver l’histoire du livre bien au contraire. Will Graham est un consultant spécial qui travaille pour la police, Asperger il possède un don, celui de se mettre à la place du tueur. Professeur à l’université et ancien de la police, suite à ses troubles psychologiques, celui-ci est suivi par le Dr Hannibal Lecter qui n’est pas le seul coupable des meurtres en ville. Will et Hannibal doivent faire équipe, tandis que Will débusque les criminels, Hannibal tente lui de continuer à se protéger. Mais il viendra un moment où Will comprendra que Lecter est certainement la cause de la plupart de ses soucis.

 

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L’aspie : Will Graham le dit lui-même dès le début de la série, il se considère comme un aspie. Avec seulement deux amis, son ancienne psy et Hannibal, il vit seul dans une maison isolée peuplée d’une dizaine de chiens. Sa personnalité est très vite mise en place, il pense autrement et c’est ce qui intéresse la police. Les auteurs de la série veulent mettre en avant le SA, il évite le contact visuel, problème relationnel, pris entre le bien et le mal, perçu comme un fou ou un dérangé par les autres, Graham est pourtant indispensable.

Ce que j’en pense : La série démarre assez lentement et est confuse et c’est à Hannibal que le téléspectateur s’attache et non à Will qui pourrait même fortement énerver car il est toujours au bord de l’angoisse ou de la crise. Au fil de la série, le personnage Asperger est de plus en plus effacé (tout comme la personnalité de Will) pour mettre en avant une encéphalite inflammatoire qui perturberait le comportement de Will. On finit par s’y perdre.

En conclusion : La série est finalement intéressante que pour le personnage très désorienté de Hannibal qui par sa personnalité pourrait se voir attribuer quelques traits autistiques (sociopathe, sans ami, intérêts restreints nombreux, détaché sentimentalement) mais on sent bien en lui autre chose qui ne nous correspond pas mais fascine quand même. La série reste assez brouillonne dans son histoire floue et beaucoup trop rythmée (en plus, le casting des visages est parfois très ressemblant, je confondais plein d’acteurs). Le constat se ressent sur les audiences de la seconde saison qui a frôlé le pire mais s’est terminée sur un très beau final, ce qui manquait à la première saison qui se finit très platement.

Un conseil ? Attention, certaines scènes sont très très très gores.

 

 

MONK

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Année : 2002

Nombre de saisons : 8

Origine : Américaine

Style : policier

L’histoire : Adrien Monk est un ancien policier dont l’insigne lui a été retirée suite aux nombreuses séquelles psychologiques qu’il a développé après l’assassinat de sa femme. Amoureux du détail et fin observateur, il est cependant toujours appelé par son ancien patron comme consultant accompagné de son infirmière sur les scènes de crime. Alors qu’il résout de nombreuses enquêtes pour la police de San Francisco, il continue en parallèle sa propre enquête, et cherche le meurtrier de sa femme.

L’aspie : Même si ce n’est pas évoqué dans la série, Monk comporte beaucoup de traits autistiques : HP, TOCs multiples, phobies, angoisse des changements d’habitudes ou d’environnement, besoin d’aide dans sa vie quotidienne, ne captant pas les subtilités du langage social, humour totalement décalé qui ne fait rire que lui. Dans la série, il a un frère Ambroise qui semble lui aussi atteint du SA (agoraphobe, collectionneur compulsif, polyglottes très avancé, …).

Ce que j’en pense : La série évoque tous les problèmes que peuvent rencontrer un Asperger dans toutes les situations possibles, aussi parce que la série dure 8 ans ! Le personnage de Monk fait rire et est attachant, aussi parce qu’on peut se retrouver en lui. Monk n’évolue pas vraiment cependant au fil de la série, même s’il perd son infirmière, il trouve une autre associée qui finalement jouera ce rôle-là. Doté d’une certaine subtilité et d’un cœur, l’homme dégage une certaine tendresse qui le rend touchant. Au travail, il est méthodique et sûr de lui  ce qui rompt avec son image timide et parfois d’incapable.

Conclusion : La série vaut le coup d’être regardée même si elle peut sembler à long terme un peu plate, c’est le personnage de Monk qui interpelle plus que les enquêtes qu’il réalise avec brio grâce à son sens aigu de l’observation et sa logique implacable. Monk représente à mes yeux le mieux ce que peut-être un autiste adulte, coincé et à la fois rassuré par ses habitudes, indépendant pour une grande partie de son quotidien mais ayant besoin d’être réconforté, se dépassant quand il le faut pour protéger ou aider son entourage. Doté d’une vraie personnalité, il n’est pas seulement un robot qui exécute ce qu’il pense.

 

 

VOILA! Et si vous avez un avis ou un conseil de série, je vous en prie, allez-y!

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2 réflexions sur “Les séries TV qui nous mettent à la mode

  1. Bonjour Asperguette!
    J’aime bien ton article, j’ai cependant une remarque à faire concernant cette phrase: « Sheldon Cooper est un Asperger profond qui frôle plus l’autiste de haut niveau à mon sens de par ses difficultés sociales et son très très haut potentiel le coupant de toute logique émotionnelle. » Je viens récemment de lire « Comprendre les personnes autistes de haut niveau » et l’auteur, Jos Valkenborg, soutient que le SA et l’autisme de haut niveau sont des jumeaux, qu’il n’existe pas de différence entre eux mais que le terme SA est moins frappant pour les parents ou les adultes qui reçoivent un diagnostic. J’ai pensé à écrie un billet plus détaillé à ce sujet mais j’aimerais connaître ton avis là-dessus.

    • Hello!

      En effet, tu as tout à fait raison de le souligner et c’est d’ailleurs pour ça que j’ai mis plus bas : « après cette question est un long débat » parce que je sais que tout le monde n’est pas d’accord sur les points qui font que l’on passe du SA au Haut Autisme ou encore, comme tu le précises, pour certains cette distinction n’existe pas. Il faudrait alors peut-être parler ou mesurer en fonction de l’intensité tout en gardant la même terminologie?

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