Théorème du homard – interviews traduites

Hello tout le monde,

Voici les quelques interviews que j’ai pu rassembler et que j’ai traduites le plus fidèlement possible. Je vous ai remis les illustrations ainsi que le lien en fin d’article s’il vous prend l’envie de la lire directement en anglais (mais je suis sûre que vous ne serez pas assez cruels pour me faire ça) ou pour lire les passages que j’ai parfois enlevé (sur sept interviews, vous vous doutez bien que certaines questions reviennent très souvent !)

Les premières interviews ne contiennent pas de SPOIL, je le signale ensuite.

 

 traitSeparation

 oui ce truc est mon trait de séparation entre les interviews lol 

Une très chouette interview avec des questions très différentes, cependant il faut avoir lu le livre pour comprendre certains passages.

A little blog of books – Interview avec Graeme Simsion

« Le théorème du homard » est l’étrange mais attachante histoire de Don Tillman, un professeur en génétique autiste qui s’embarque sur le Projet Epouse, une tentative de rencontrer son partenaire de vie idéal à travers un questionnaire détaillé. Au lieu de ça, il rencontre Rosie Jarman qui ne correspond pas vraiment à ses critères spécifiques – elle fume, boit, ne mange pas de viande et est en retard pour tout. La quête de Rosie pour découvrir l’identité de son père biologique conduit Don à un voyage mouvementé.

Vous avez dit que l’histoire a été construite librement sur le combat d’un ami à trouver une compagne. A-t-il lu le théorème du homard ? Si oui, qu’en a-t-il pensé ?

int 1

Oui. Je dois ajouter que l’histoire a parcouru un long chemin depuis sa forme d’origine à maintenant et  elle comporte plus qu’une très petite ressemblance avec celle de mon ami. Mais la voix de Don et quelques incidents sont inspirés de lui. Donc c’était normal qu’il soit  la première personne à lire le manuscrit en dehors de ma famille. Il m’a envoyé un sms depuis un avion (c’est un technophile, il peut faire ce genre de chose légalement) durant un voyage pour une conférence à Las Vegas. « C’est le meilleur livre que j’ai jamais lu. J’avais les larmes aux yeux. Tu mérites le prix Nobel ! » J’espère qu’il sera dans le comité… Le livre est dédicacé à lui et sa femme.

Qui ou qu’est-ce qui vous a donné l’inspiration pour le personnage de Rosie ?

Si vous m’aviez posé cette question tout de suite après avoir terminé la première mouture de l’histoire qui comprenait Rosie, j’aurais eu à répondre « personne – elle est ma création technique ». C’était ainsi que je ressentais la chose. Le premier amour de Don qui avait de l’intérêt était Klara, une physicienne hongroise un peu nerd qui lui correspondait parfaitement, si seulement il avait pu gérer la relation. Mais j’ai jeté ce projet et inventé Rosie, un personnage qui ne coche aucune bonne case au questionnaire de Don mais qui répond à des besoins plus profonds. Et elle, à son tour, a dû voir en Don l’homme qui pouvait répondre à ses besoins. J’ai travaillé avec ma femme (qui écrit aussi des romans érotiques sous le nom de Simone Sinna), psychiatre, sur le personnage pour lui construire une trame de fond qui me dirigerait vers les qualités et besoins que je cherchais en lui.

C’est seulement plus tard, après réflexion, que j’ai réalisé que j’avais incorporé pas mal de morceaux de différentes personnes que je connaissais ou avais connues – des collègues écrivains, ma fille, mes ex et juste un tout petit peu de ma femme. Ce n’est donc pas une seule inspiration et je ne m’attends pas à être poursuivi à ce propos.

Le théorème du homard a été initialement écrit pour un scénario à l’écran. Quels sont les différents processus pour un scénario et celui pour l’écriture d’un roman ?

Il y a deux grosses différences entre le scénario et le roman.

1. Un roman permet d’accéder aux pensées des personnages – leur monde intérieur. Ce fut un gros problème dans le théorème du homard, car nous sommes dans la tête de Don et nous ne le voyons pas depuis l’extérieur. C’est  ce qui permet une constante comédie observatrice avec Don comme narrateur partageant sa vision « un peu martienne » de la société conventionnelle et des conventions de la société.

2. Un roman est un travail complet, un scénario est seulement un modèle pour que les autres puissent ajouter leur contribution créative – leur performance, musique ou le design. La comédie dans le film viendra plus de la performance de l’acteur que de l’observation.

Les processus d’écriture sont par contre similaires à mon sens. Le scénario collabore généralement plus mais je travaille avec ma femme sur l’intrigue et les personnages. Les scénarios demandent beaucoup plus de structure – dans l’écriture d’un roman, j’ai continué cette habitude et j’avais un plan avant de commencer à écrire.

Le théorème du homard va maintenant retourner au scénario car il va devenir un film. Est-ce que le scénario sera complètement différent de ce que vous avez écrit au départ ?

Pas encore! Mon point de départ était le scénario original, mais je vais travailler avec Sony (je suis encore le scénariste) pour l’améliorer. Je ne me sens pas lié à refléter fidèlement le livre: certaines choses fonctionnent mieux à l’écran que dans un livre, et vice versa, tout en conservant l’esprit des personnages. L’histoire est plus importante pour moi que fidèlement respecter chaque scène.

Avez-vous un chapitre ou passage favori dans le théorème du homard? Quelle a été la partie la plus agréable de l’écriture du roman?

J’aime le passage avec les enfants aspis, parce que ça se passe au début du livre et il y a eu pas mal de travail sur la composition du personnage, la situation et le ton, ainsi que d’avoir à être divertissant et comique de lui-même. C’est vraiment le passage d’un écrivain! Il y aussi  la conversation dans l’avion pour New York où ils parlent des dommages psychologiques que le beau-père de Rosie lui a causé: même s’ils parlent de Rosie, ils sont en fait en train d’explorer la question de la différence psychologique de Don et le fait qu’il n’aimerait pas en changer. J’ai été très heureux de le faire de cette façon plutôt que par une évidente conversation directe.

La meilleure partie de l’écriture du roman a été le premier projet. Je connaissais l’histoire, et je pouvais me concentrer sur les détails – il n’y a pas eu de comédie naissante chaque minutes.

Est-ce que la voix de Don est venue directement à vous ou est-ce que ça a évolué durant le processus d’écriture ?

La voix de Don est venue à moi immédiatement, inspirée par (mais pas tout à fait) mon ami. Très tôt, j’ai fait un changement délibéré, rendre Don plus positif – à plein régime, tous les problèmes peuvent être résolus – et ça a affecté sa voix.

Quel est votre livre préféré?

Trop dur! J’ai eu différents livres préférés à différentes étapes de ma vie, et quelques-uns ont résistés avec l’âge. Un des livres qui m’a le plus influencé était « la peste » d’Albert Camus que j’ai lu à quinze ans pour l’école et qui m’a fait philosopher sur la vie – mais je ne l’ai pas relu! Une longue liste serait dominée par des non-fictions qui m’ont ouvertes les yeux: les deux premiers livres de Jared Diamond sont de bons exemples. J’ai adoré « Gödel Escher Bach » de Hofstadter quand j’étais un spécialiste en informatique et c’était un peu un livre culte dans cette communauté. Les deux livres que j’ai ouverts le plus souvent: « Zen Flesh Zen Bones » de Paul Reps et celui de Patricia Wells « French Bistrot Cooking » lorsque nous vivions en France, c’était notre seul livre de cuisine.

http://alittleblogofbooks.wordpress.com/2014/01/02/an-interview-with-graeme-simsion/

traitSeparation

Chouette interview, les passages supprimés correspondent à des questions que vous retrouverez plus tard (par exemple on lui redemande en quoi son expérience dans la technologie de l’information l’a aidé à écrire Don ou quelles sont les différences entre l’écriture d’un scénario et celle d’un roman, d’un côté je le plains, je ne pense pas que je pourrais tout le temps répondre aux mêmes questions comme ça).

Interview du site web Authorlink

En dépit de ses bizarreries, Don est un personnage très sympathique. Qu’est-ce qui le rend si attachant? Et pourquoi sommes-nous attirés par quelqu’un qui ne rentre pas dans le moule?

Merci! Je voulais qu’il soit sympathique et pendant un temps mes mentors ne pensaient pas que j’y étais arrivé. Il aurait été trop ennuyeux dans la vie réelle. Mais pour commencer, Don est avant tout bon. Il n’y a pas une fibre de méchanceté en lui et il se soucie beaucoup de ses (rares) amis. Il craint même de savoir s’il n’a pas blessé les agents de sécurité qui se sont comportés de manière agressive envers lui. Il est différent et donc intéressant. Beaucoup d’entre nous connaissent des gens qui sont un peu (ou beaucoup) comme Don et Don nous donne une idée de ce qui peut se passer dans leurs têtes.

Il fait un paquet d’erreurs sociales – mais qui n’a pas dit quelque chose qu’il a ensuite regretté à un rendez-vous? Qui ne s’est pas déjà senti de trop, au mauvais endroit, et pas compétent? Donc, nous sympathisons avec lui – nous sentons sa douleur. Et nous prenons juste un peu de plaisir en sachant qu’il y a des personnes qui sont pires que nous dans ce domaine.

Mais je pense que la raison la plus forte qui nous attire vers Don, c’est qu’il s’engage dans une mission dans laquelle nous sommes tous reliés et, en dépit d’être mal équipé pour cela (et de le savoir!), il donne tout ce qu’il peut. Il risquera tout, y compris son travail, ne se plaindra pas, et ne renoncera jamais.

(…)

Au fur et à mesure de l’histoire, Don change. Mais est-ce que lorsque vous avez commencé à écrire, c’était votre projet de voir Don évoluer ?

Un peu. Au début, il n’était pas tout à fait aussi dirigiste – il était plus passif. Par exemple, Rosie était la seule à proposer un deuxième rendez-vous. Le groupe de mes écrivains a dit « Don devrait tout diriger » et j’ai pensé qu’ils avaient raison. Mais à cette exception près, Don reste le centre d’une histoire qui a changé considérablement durant cinq ans.

Quel est le premier élément de l’histoire qui vous est venu à l’esprit – le caractère, le Projet Epouse ou ?

Le personnage de Don. En fait, j’ai écrit une courte histoire, initialement intitulée « The Incident Jacket » (l’incident de la veste) où Don allait à un rendez-vous sans aucun Projet Epouse en tête, comme un « échauffement » pour explorer le personnage. Cet incident a survécu dans le livre, avec quelques modifications, jusqu’à l’arrivée de Rosie. Ainsi, malgré le titre (qui a également connu des changements), j’ai toujours vu le théorème du homard centré principalement sur ​​Don.

(…)

http://authorlink.com/interview/plans-go-awry-in-graeme-simsions-the-rosie-project/

traitSeparation

Je vous passe l’introduction qui résume en vitesse l’histoire une fois de plus. Interview très très intéressante car elle s’attarde longuement sur le SA car l’interviewer à un fils Asperger !

Chaos, comédie et romance, une interview avec Graeme Simsion

(…)

Vous insinuez fortement dans votre livre que Don a le syndrome d’Asperger, dès les premières pages, mais ce n’est jamais dit explicitement. Vous avez expliqué que vous vouliez mettre plus en avant une personne qui en a les caractéristiques plus que de poser un diagnostic. Qu’est-ce qui vous a conduit à cette approche ?

Oui. J’ai pris une décision assez consciencieuse de ne pas dire qu’il avait le syndrome d’Asperger. Quand j’ai présenté Don lors d’une courte histoire à un de mes cours de scénarisation, toutes les questions étaient sur le syndrome d’Asperger, pas sur mon personnage. J’ai pensé « Laissons tout ça de côté. Laissons juste Don être ce qu’il est ». Et si vous voulez rester là à dire «Don a le syndrome d’Asperger», alors vous êtes son diagnosticien.

Les juges du Prix « Victorian Premier’s », quand ils ont pris leur décision, ont déclaré « Don Tillman est non diagnostiqué Asperger ». Et je me suis dit, « non diagnostiqué, uniquement par les juges du Prix» .

J’ai lu quelque part que vous dites que beaucoup d’hommes ont un peu de Don en eux ?

Oui. De ce que j’ai lu, il semble que les hommes ont une longueur d’avance sur le spectre autistique. Et quoi qu’il arrive génétiquement (et peut-être environnementalement), ils sont mieux diagnostiqués. Alors que les femmes sont diagnostiquées plus tard. Vous avez des femmes atteintes d’Asperger, mais ça semble être beaucoup moins évident et commun qu’avec les hommes.

Oui. Et ça se présente de plusieurs manières

Encore une fois, quand j’ai parlé de Don comme faisant son coming-out (sur le SA), une des femmes de ma classe a dit, «Pour l’amour de Dieu, c’est juste un mec. Chaque mec avec lequel je suis sortie a été comme ça ». Et beaucoup d’hommes ont dit: «Je peux voir des choses en lui qui me ressemblent ». Particulièrement comme analyser les situations, être axé sur les problèmes/solutions, ne pas capter la façon dont les autres personnes réagissent, ne pas détecter les indices sociaux. Ce sont des caractéristiques masculines très traditionnelles.

(…)

int wheeler 2

Vous avez travaillé sur ce projet pendant six ans – donc je suppose qu’il y a eu une évolution ?

Quand ça a commencé, c’était un drame. Parce que j’aime alléger les choses, il y avait quelques moments comiques et j’ai réalisé que ces moments étaient très forts. Quand j’ai réalisé que la forme de ce que je faisais était très proche du genre de la comédie romantique, j’ai décidé de prendre cette voie.

Je me posais aussi une grande question éthique qui était: Sommes-nous en train de rire d’un handicap? Nous sommes face à quelqu’un qui a un handicap, ils ne peuvent rien faire si ce n’est en rire?

J’ai envoyé le manuscrit à beaucoup de gens qui venaient de familles d’Aspergers, dont un couple de personnes qui sont auto-diagnostiqués avec le syndrome – et sans exception, j’ai reçu un retour très positif de ces gens sur le portrait de Don.

Je pense aussi que les histoires, qu’elles soient dramatiques ou des comédies, traitent principalement des personnes présentant quelque chose pour laquelle ils ne sont pas aussi bien équipés et dont il ne voudrait pas être mieux équipé s’il le pouvait. Si ces personnes sont manifestement sous-équipées, alors c’est de la comédie. Et Don est manifestement pas équipé pour gérer des situations sociales, tout comme certaines personnes sont manifestement pas équipées pour gérer une confrontation physique (comme dans The Karate Kid.). Ils décident alors de faire quelque chose à ce sujet. Dans le livre, j’essaye que la ligne conductrice montre que Don est différent plutôt qu’inférieur, mais ses différences signifient qu’il va devoir procéder à quelques changements s’il veut réaliser certaines choses.

Je pense que vous avez vraiment fait un travail formidable pour ce qui est d’avoir mis en forme ce sujet. Vous êtes de son côté. Une des choses que j’ai trouvé intéressantes, c’est qu’il y a  des moments où Don semble commettre d’énormes faux pas sociaux, mais en réalité, il y a l’aide de son incapacité comme une excuse pour s’en sortir, ou mettre quelque chose de côté pour lequel il n’est pas prêt. Cela a du vous aider à former le personnage ? 

Oui. Les gens m’ont dit, « Don est juste absolument honnête ». Dans mon esprit, il ne l’est pas. Don est une personne terriblement rationnelle. Il utilise la science pour rationaliser son comportement. Il pense « Une décision rationnelle est de faire ça comme ça ».

Il s’agit d’une caricature, ou d’une version extrême de l’homme – en général –  qui n’est pas touché par ses émotions et qui les dirigent pourtant. Donc, il est puissamment dirigé par ses émotions mais les rationalise énormément.

(…)

C’est hilarant que les femmes aient commencé à aimer ce questionnaire car elles le ressentaient comme un moyen d’être écoutées. Avez-vous reçu des réponses de lectrices à propos de ça ?

Non, je me demandais si quelqu’un aurait été offensé du fait qu’il transforme la femme en objet. Vous ne pouvez pas demander à quelqu’un de transformer plus la femme en objet que ce  que Don le fait. Il prend toutes les émotions qu’il ressent et dit: «voilà la liste des caractéristiques que cette personne doit avoir». Mais il ne les transforme pas en objet de la manière traditionnelle que l’on connait. Ce n’est pas sexuel. Alors je me suis demandé comment les femmes pourraient répondre. Mais jusqu’à présent, la réponse a été très positive, y compris de pas mal de femmes qui se décrivent comme étant de très grandes féministes.

Je pense que la réponse de Rosie aide vraiment, parce que vous êtes reconnaissant dans le livre que les femmes peuvent réagir de cette façon.

J’espère ! Elle est la voix de l’autre côté, si vous voulez. Et puis Claudia est le centre moral. Claudia est la douce voix de la raison, tandis que Rosie est assez stridente. Elle a eu trop de problèmes. La partie la plus difficile de l’écriture du livre était Rosie.

int wheelerGraeme Simsion

J’ai lu qu’elle avait complètement changé de caractère par rapport au moment où vous l’avez écrit ?

Oui. Au départ c’était Klara. Klara était certainement plus le genre de femme qui devait finir avec Don. Elle était doctorante hongroise en physique et nerd. C’était trop facile. Bien sûr, ils allaient finir ensemble, après avoir eu leur tête à tête! Dans les premières projections du Projet Klara, ils emménageaient réellement ensemble à la moitié du livre. C’était un garçon qui obtenait une fille, un garçon qui emménageait avec une fille. C’était un examen de leur vie domestique. Il y avait beaucoup de plaisir, mais je voulais écrire un personnage qui était plus téméraire.

Il est intéressant que vous ayez commencé avec quelqu’un comme Don, parce que l’un des fils de l’ouvrage semble être que la chose que ce que l’on désire le plus est finalement ce qu’on ne veut pas. Rosie est au complet opposé de ce qu’il pense vouloir.

Je ne me serais jamais permis de l’écrire dans un scénario sans connaître la règle de base : le héros pense vouloir une chose et doit apprendre qu’il a besoin de quelque chose d’autre. Don ne veut qu’une chose, il n’a besoin de rien d’autre. Et ce qu’il souhaite est la femme parfaite qui l’acceptera exactement comme il est. Mais il a besoin de faire quelques changements afin de trouver quelqu’un qui l’accepte.

(…)

Une des principales caractéristiques de ce livre est la voix de Don? Vous avez certainement développé cette voix quand vous avez créé le personnage en 2007.

Oui. Et comme je l’ai dit, cette voix est venue d’un de mes bons amis que j’ai connu il y a 30 ans, et nous nous voyons assez régulièrement. Je pouvais imaginer sa voix.

En fait, je lui ai demandé de lire le premier chapitre et de s’enregistrer vocalement. Et sa voix sonnait exactement comme je l’avais imaginée; c’était tout à fait merveilleux. Je ne suis pas contraire pour faire découvrir l’enregistrement audio officiel. Mais cela peut ne pas être la voix que le lecteur entendait, et ça pourrait être très rebutant d’entendre cette voix.

C’est ce qui oppose le livre au scénario, tout le monde peut imaginer sa propre version de ce personnage, en fonction de leurs expériences ou désirs.

Notamment avec un livre comme celui-ci, qui est extrêmement pauvre en descriptions. Vous ne savez pas de quelle couleur les arbres sont, ou quoi que ce soit. Vous savez le temps, mais c’est à peu près tout. Je l’ai dépouillé de tout le reste, parce que c’est le point de vue de Don. Vous avez juste à le remplir par vous-même quand vous le lirez.

Est-ce que c’est parce que vous avez débuté depuis l’écriture d’un scénario ou vraiment parce que c’est la vision de Don ?

Cela est aussi un peu lié à moi. Beaucoup de gens, en particulier les lecteurs masculins du livre m’ont dit, « Oh c’est génial, on ne perd pas de temps en descriptions, je déteste les descriptions, je viens de sauter ces paragraphes ». Et parfois je pense que les auteurs mettent énormément de descriptions mais restent indulgents envers eux-mêmes, ou alors ça concerne vraiment un public très ciblé qui aime ça. Il y a un public pour un livre qui se concentre sur l’action, le dialogue, les émotions, et pas sur la description littéraire.

Une chose que j’ai aimé dans le livre ce sont les nombreux moments où le lecteur en sait plus que Don. C’est agréable pour le lecteur de comprendre ce qui se passe alors que le personnage principal lui ne voit rien arriver. 

Oui, tout est vu du point de vue de Don. Donc, la seule façon que nous ayons de savoir plus de choses que lui, c’est d’être plus intelligent que lui. Ce qui signifie avoir plus de conscience sociale.

L’une des grandes décisions dans l’écriture du livre – que j’ai pris très rapidement – était de l’écrire à la première personne. Et la plupart des histoires que vous voyez sur quelqu’un avec un syndrome – ou si vous voulez aller plus loin, un handicap – sont écrites du point de vue d’un autre personnage, que ce soit un film, peu importe.

Tout comme Rainman où le point de vue est celui de Tom Cruise, ici je voulais que l’on soit à la place de Dustin Hoffman. Je pensais que c’était très important d’être dans la tête de Don.

(…)

Quand je l’ai lu pour la première fois, j’étais très curieux de lire un personnage avec le syndrome d’Asperger, j’étais curieux de savoir comment je réagirais à la représentation. Et j’ai trouvé ça fascinant parce qu’il y avait quelques moments où je pensais que je n’allais pas aimer ça. Il y avait des mots qui me hérissaient, comme «affliction». Mais chaque fois que c’est arrivé, quelques pages après c’était démonté. J’ai pensé que c’était très intelligent et je me demandais si c’était quelque chose que vous aviez mis en place délibérément – élever ce genre de stéréotypes pour ensuite les abattre ?

Oui c’est tout à fait délibéré. Je pense que c’est toujours quelque chose de plus puissant si vous mettez les deux côtés sur la table et que s’en suit une discussion. Dans mon métier de consultant, je mettais toujours en avant le côté pédagogique. Et je dis toujours, plutôt qu’enfoncer votre client vers le bas avec votre argumentation, votre première tâche consiste à exprimer un argument différent du sien le plus clairement (et agressivement, si vous le souhaitez) possible. Pour montrer que vous l’avez compris. Je voulais voir les différents points de vue.

Il y a un changement que je vais faire dans la réimpression. Don utilise le terme « savant idiot » à un moment donné et je ne veux pas de lui en utilisant ce terme. Ce n’est pas une expression correcte. (…)

Trailer du livre

C’est intéressant. La seule chose où je dois admettre m’être interrogé était de savoir si l’enseignante qui travaille avec une classe d’enfants aspies à l’école était comme lui, si peu informée et insensible. J’ai repensé à mon passé scolaire et je me suis dit « ok, peut-être ».

Ce terme «Aspie», il y a eu une controverse autour de cela. Voulons-nous que les Aspergers soient fiers d’exprimer leur identité, d’en faire une force avec ce terme ?

C’est toujours un problème avec toute forme de différence. Les personnes sourdes, par exemple. Dans leur communauté, on dit « Auslan » et est-ce qu’ils sont au moins aussi bons en anglais ou mieux, ou devrait-on pas plutôt leur apprendre à lire sur les lèvres? Vous pouvez revenir à l’homosexualité, aussi. Est-ce une partie de votre identité et une chose positive, ou est-ce quelque chose que vous voulez résoudre?

Julie, l’enseignante, et les parents disent dans ce passage « nous ne voulons pas que vous sautiez sur les bureaux en disant « les aspies au pouvoir ! » Je me demandais comment les parents d’enfants atteints du syndrome d’Asperger se sentiraient vis-à-vis de cette scène, parce que c’est assez difficile.

Comme parent d’un enfant avec le syndrome d’Asperger, je pensais que c’était une grande scène. Surtout parce que j’étais agacé de ce qui était dit mais on en profite pour faire ce voyage avec Don. Au début, il pense que c’est un mal, mais il lit plus à ce sujet, et ensuite il change d’avis. En fait, j’ai lu ce petit passage à mon fils et il a trouvé ça hilarant.

J’ai donné un exemplaire de ce livre à mon père, qui est Asperger, et il m’a téléphoné trois fois déjà pour me dire à quel point il aime le livre, et qu’il passe en revue les scènes.

C’est vraiment important pour moi, parce que j’ai une grande affinité avec ce groupe de personnes et je déteste écrire quelque chose qui est insultant ou dévalorisant. J’aime à penser que c’est l’inverse.

En fait, j’ai fait participer un gars pour l’adaptation du film et je voulais savoir si dans mon scénario, mon portrait était réaliste. Alors il est allé voir un gars dans son immeuble, qui souffre de TSA, et lui demanda: «Est-ce que c’est comme ça que vous feriez? » Il a dit: « Non, je ne suis pas un généticien ». Il a fallu une demi-heure pour trouver la bonne formulation. «Est-ce que quelqu’un avec le syndrome d’Asperger qui serait qualifié en tant que généticien ferait les choses comme ça ?» Finalement, il a dit «oui». La réponse n’a pas durée très longtemps, mais la formulation de la question était correcte pour quelqu’un qui prend tout à la lettre.

(…)

http://wheelercentre.com/dailies/post/8b22b9620ef0/

traitSeparation

Interview traitant à nouveau du SA toujours avec d’autres questions.

Interview Penguin books

Avez-vous fait beaucoup de recherches sur le syndrome d’Asperger ou l’autisme?

J’ai lu quelques livres techniques et d’autres biographiques mais leur influence sur le personnage de Don Tillman étaient minimes. Mon premier diplôme était en physique – beaucoup de sciences et de mathématiques! Ensuite, j’ai travaillé pendant de nombreuses années dans les technologies de l’information et j’ai aussi enseigné et fait de la recherche dans plusieurs universités. J’ai donc rencontré beaucoup de gens qui étaient très compétents mais dont les idées semblaient souvent « à l’envers», et qui luttaient dans l’incompréhension et la communication avec les autres. Je suppose qu’aujourd’hui, beaucoup de ces gars-là (principalement des hommes) seraient diagnostiqués Asperger, mais le diagnostic n’est vraiment devenu populaire que dans les années 1990.

(…)

Comment vous sentez-vous d’avoir utilisé l’autisme / Asperger comme une source d’humour?

Don est une personne avec de grandes forces (haute intelligence) et des faiblesses (pauvres compétences sociales). Je le vois comme quelqu’un d’atypique plutôt que handicapé. La plupart des histoires, au théâtre ou à la comédie, exigent que le héros surmonte une faiblesse pour atteindre son objectif. La comédie surgit lorsque le héros est gravement sous-équipé pour le voyage. Et parfois, la vision du monde de Don est plus logique que la nôtre. Jusqu’à présent, le roman a été très bien reçu par les personnes ayant le syndrome d’Asperger, de leurs familles et des associations. Beaucoup ont fait la remarque qu’ils appréciaient qu’une personne socialement handicapée soit le héros et que la personne que nous identifions comme le véritable héros soit celle-là et non pas la personne de qui ils apprennent (comme dans Rain Man par exemple). Il ne fait aucun doute qu’il y aura d’autres points de vue, mais si le livre invite à la discussion, tant mieux.

blogueuese

Est-ce que Don a le syndrome d’Asperger?  Vous ne le dites jamais dans le livre.

C’est une décision mûrement réfléchie. Dès que vous dites «Asperger» ou «autisme», de mon expérience, les gens se concentrent sur le syndrome plutôt que sur le personnage. Don n’est pas un tas de symptômes – c’est un gars excentrique qui serait probablement diagnostiqué comme appartenant au spectre autistique – mais je ne prétends pas être un expert. (…) Si, en lisant le livre, vous constatez que Don boit de l’alcool, et que vous pensez (comme un ami psychiatre l’a fait) que les aspis ne boivent pas, alors le diagnostic est qu’il n’a pas le syndrome d’Asperger. Très bien. Continuez de lire.

D’où vient le caractère de Rosie?

L’histoire originale était intitulée « Le projet Klara » et Klara était une Hongroise geek qui étudiait pour son doctorat en physique. Il y avait un complot de plagiat et Don filait un coup de main. Environ 2 ans et demi après le début du projet, j’ai décidé que Klara n’était pas un personnage assez fort – elle n’avait pas besoin d’un tel changement et des efforts de Don. Et il n’a pas appris autant que je le voulais avec elle. Alors je l’ai remplacée avec l’antithèse de ce que Don cherchait – à voir jusqu’où ils pourraient aller. Je ne l’ai pas créée sur une personne en particulier, mais il y a des éléments d’un couple que je connais là-dedans.

Avez-vous déjà rencontré quelqu’un comme Gene? Je veux dire, vraiment? Dans une université?

Oui.

(…)

Graeme Simsion parle de son livre (VO)

Que pensez-vous de votre livre comparé à la série The Big Bang Theory ou les films « le bizarre incident du chien pendant la nuit » ou «  Un jour »?

Je ne les ai pas vu. Délibérément. Une fois que j’ai réalisé que je travaillais sur le même terrain, j’ai évité de les lire afin de ne pas être paralysé par mes inquiétudes sur la copie. Parfois, différents écrivains terminent leur histoire au même endroit, par hasard ou parce que certaines choses sont communes à certains types de personnes. Bien sûr, maintenant les gens se jettent sur les livres abordant le thème Asperger,  à moi de revoir mon avis …

(…)

Don est un peu gourmand et un passionné de vin. D’où cela vient-il?

Moi ! J’aime cuisiner, manger et boire. Je fais beaucoup de voyage – dans le passé durant des séminaires, maintenant avec le livre – et j’ai un intérêt pour la nourriture et le vin qui s’accordent bien au voyage. Je tenais à donner à Don certaines caractéristiques qui ne sont pas traditionnellement associées à l’Asperger.

http://penguinbooks.co.za/penguinbooksblog/qa-graeme-simsion-author-rosie-project

 

traitSeparation

 

SPOIL !!!! je conseille que seulement ceux qui ont lu le livre lise cette interview ! Vous êtes prévenus !  Interview très intéressante qui revient pas mal sur le SA.

Interview de l’auteur trouvée sur le blog de Cathy Lamb

Votre livre, le théorème du homard, a été l’un de mes livres préférés de l’année, probablement de toute ma vie. Je l’ai lu sur mon kindle, puis acheté pour mon fils

Eh bien, merci beaucoup! C’est formidable de voir que quelque chose que j’ai créé donne autant de plaisir aux lecteurs.

En fait, j’ai lu votre livre alors que j’aurais dû travailler sur le mien! Les lecteurs sont toujours curieux sur les auteurs. Du moins, je le suis toujours. Alors, pouvez-vous nous parler de vous? Où habitez-vous, votre travail, intérêts, loisirs …

J’habite à Melbourne en Australie. Ma carrière d’origine se trouvait dans les technologies de l’information, j’ai construit une entreprise de consultation que j’ai vendue quand j’ai décidé que je voulais être écrivain. J’ai continué comme consultant et à faire des séminaires en indépendant jusqu’en décembre 2012, lorsque les ventes internationales du Théorème du homard m’ont permises de devenir un écrivain à plein temps. Loisirs? Qui a le temps pour les loisirs? J’aime les choses qui tournent autour de ma vie d’écrivain : voyage,  nourriture et vin, la lecture. En 2010, ma femme et moi avons marché 2000 kilomètres depuis le centre de la France jusque Santiago en Espagne.

Ca ressemble en effet à une très longue marche. J’espère que vous avez pu déguster d’excellents vins le long du chemin. (Enfin pas trop non plus, la marche en deviendrait difficile.) Pour ceux qui n’ont pas encore lu le théorème du homard (et vous devriez!!), pouvez-vous nous parler de Don Tillman 

Don est un professeur en génétique de 39 ans qui est un peu (OK, beaucoup) socialement handicapé. Sa vie est bien organisée, productive et belle – sauf qu’il veut une partenaire. Ses rencontres n’ont pas été un grand succès jusqu’à présent, mais maintenant qu’il a construit un questionnaire de 32 pages pour sélectionner la partenaire idéale, tout est sous contrôle.

Don a le syndrome d’Asperger, mais il ne semble pas le savoir, cependant il est clairement brillant. Il donne même une conférence à des enfants atteints du Syndrome d’Asperger et  leurs parents et l’étudie en profondeur. Pourtant, vous ne lui laissez pas la possibilité d’une introspection sur lui-même et d’une auto-analyse afin qu’il puisse le reconnaître. Pourquoi ?

Pendant longtemps, j’ai évité la question de savoir si Don avait le syndrome d’Asperger – pas seulement dans le livre, mais quand on me le demandait dans les interviews. Je n’ai pas lu sur le syndrome pour inventer Don. Il est construit sur des personnes que je rencontrais dans l’informatique et le monde universitaire, aucun d’entre eux avaient été diagnostiqué avec le syndrome d’Asperger (on ne parlait pas de diagnostic Asperger avant le milieu des années 90 et ces personnes-là allaient assez bien pour ne pas rechercher d’aide). Mais l’avis général de la communauté du Syndrome d’Asperger est que Don est l’un d’entre eux!

Les personnes qui ont inspiré Don, souvent, ne cherchent pas le diagnostic. Je me souviens que Temple Grandin, experte en autisme, cite que la moitié de la Silicon Valley est composée de personnes Asperger évitant le diagnostic comme la peste.

Alors Don évite de se confronter à cette question – du moins au début. Plus tard dans le livre, il y a un moment où il s’interroge sur les avantages d’un diagnostic et il nous laisse savoir que ça lui a traversé l’esprit.

J’ai trouvé très tôt une histoire courte pour composer le personnage de Don en atelier, mais l’étiqueter avec le SA allait vite détourner l’attention des lecteurs de Don vers le syndrome. Je n’écrivais pas un manuel sur le SA mais plutôt sur une personne qui l’a.

L’objectif de Don est de trouver une femme. Il dit: «Il y a quelque chose en moi que les femmes trouvent peu attrayante. Je n’ai jamais trouvé qu’il était facile de se faire des amis, et il semble que les déficiences qui ont causé ce problème ont également affecté mes tentatives de relations amoureuses « .

Je pense que beaucoup de gens se pensent comme ça – et certainement pas seulement des personnes ayant le syndrome d’Asperger. Je pourrais certainement me rapporter à lui. Etait-ce délibéré de votre part de faire ce lien entre lui et nous ?

J’écris souvent sur ​​des livres, en particulier pour les hommes: «Il y a un peu de Don en chacun de nous ». En fait, en atelier, quand j’ai lu la première histoire courte, une femme a déclaré « le syndrome d’Asperger? C’est juste un mec ». Je vois d’abord Don comme un semblable humain, ensuite (ou même en 14ème point…) comme ayant le Syndrome d’Asperger. Donc, il partage problèmes, désirs, insécurité avec nous tous. Certaines des caractéristiques Asperger sont tout simplement des formes plus fortes de ce que nous avons tous dans une certaine mesure – maladresse sociale, inconfort, incertitude, besoin de notre propre espace. Le désir de connexion qui conduit l’histoire est pratiquement universelle, et de même la crainte que nous ne le trouvions pas.

Le premier paragraphe du livre m’a immédiatement interpellé : « J’ai peut-être trouvé une solution au Problème Epouse. Comme pour de nombreuses découvertes scientifiques, la réponse se trouve dans la rétrospection. Si ça n’avait pas été le fruit d’une série d’événements imprévus, il est peu probable que je l’aurais découvert « .

Don essaie de combiner la recherche d’une femme et la science. Y a-t-il un lien pensez-vous? Ou cela fait-il sens uniquement pour Don?

Nous utilisons ce que nous avons! Pour un enfant avec un marteau, tout ressemble à un clou, et à Don Tillman tout problème ressemble à un problème scientifique. Toute personne qui s’inscrit sur un site de rencontre et remplit une liste de ce qu’ils recherchent, ou qui raconte à un ami qu’ils veulent un partenaire avec un bon sens de l’humour ou qui aime le vin, applique un peu de science pour avoir des chances de trouver ce qu’ils veulent. Don fait simplement la même chose en beaucoup plus poussé.

Souvent dans les livres, le meilleur ami apporte énormément de plaisir. Il ou elle offre humour, distraction, amabilité pour ainsi dire. Mais le meilleur ami de Don, Gene, est un vrai rat à certains égards, en particulier dans son but, comme homme marié, de coucher avec une femme de chaque pays du globe.

Je pensais que c’était un moyen détourné d’avoir une autre vision du meilleur ami. Quel était votre objectif en créant Gene, notamment concernant son amitié avec Don?

Le meilleur ami est une manière classique d’extérioriser les pensées du protagoniste – Don raconte à Gene plutôt qu’à nous ce qu’il pense. C’est pour ce genre de raisons évidentes que ce type de personnage est beaucoup utilisé dans les films. Dans mes premiers projets, Gene était deux personnes, à la fois le mauvais conseilleur car coureur de jupons et la personne de bons conseils en tant que directeur de laboratoire. En les combinant, j’ai eu un personnage plus complexe. Gene est aussi le côté sombre de Don – ce que Don aurait pu devenir s’il avait maîtrisé les compétences d’interaction sociale en surface sans développer  une réelle empathie.

J’ai trouvé la liste des critères pour une femme de Don très amusante. Il ne veut pas d’une femme qui porte du maquillage ou des bijoux et son apparence n’est pas pertinente, ce qui est en complète opposition avec la plupart des hommes qui essaient de trouver une partenaire. Il veut aussi éliminer les « pertes de temps, les désorganisées, les voyantes, les obsédées de la mode, les fanatiques religieux, les végétaliennes, les créationnistes, les analphabètes … »

Il ne semble pas être à la recherche de quelqu’un à aimer, il cherche plutôt à être passionné. Il est à la recherche d’une partenaire. De votre point de vue, est-ce vrai?

Je pense que Don est à la recherche de quelqu’un à aimer, mais 1) il ne sait pas très bien ce que cela signifie et 2) il ne voit pas à quoi peut ressembler cette personne si ce n’est qu’ « elle est comme moi ». Mais je vous suggère que les relations amoureuses qui durent sont celles où un partenariat se développe supplantant la passion d’origine. En effet, le lien de Don et Rosie se développe à travers un «projet commun» – ils se rapprochent en faisant des choses ensemble plutôt que subir une attraction instantanée.

J’ai adoré Rosie parce qu’elle était si brutale, souvent grossière, intelligente, émotive et lunatique… et parce qu’elle voyait le bien en Don. Était-ce votre intention première de dessiner un personnage qui était à l’opposé de Don?

Pas la première! L’histoire était à l’origine le projet Klara* (le livre en anglais s’appelle « the Rosie Project ») et Klara était un choix évident pour Don – si seulement il pouvait le voir. Je l’ai réécrite avec un personnage qui était superficiellement à l’opposé de ce que Don voulait. Elle n’est pas complètement son opposé dans le fond! Elle est un peu solitaire elle-même, une chercheuse, elle s’habille bizarrement et en fait l’attire depuis le début.

J’ai senti que vous dépeignez à quel point ça pouvait être un défi d’entrer en relation avec quelqu’un qui a le syndrome d’Asperger. Comment avez-vous travaillé cette partie de l’ouvrage?

25 ans à travailler dans la technologie de l’information et à rencontrer des collègues! Sérieusement, je me suis simplement inspiré de la vie réelle, il suffit parfois d’exagérer des choses qui arrivent dans toutes les relations parce que les hommes en particulier sont émotionnellement ignorants, littéraux, pensent en problème/solution, etc.

Ah, oui. Il semble il n’y avoir qu’une légère différence entre les hommes et les femmes … Comment avez-vous écrit ce livre? Avez-vous imaginé le personnage principal et directement commencé le projet? Aviez-vous déjà l’histoire en tête? Aviez-vous fixé des objectifs quotidiens de comptage de mots? Combien de fois avez-vous modifié le scénario? Combien de temps a-t-il fallu pour écrire? Et, avec un emploi à temps plein, comment avez-vous trouvé le temps de l’écrire?

Le personnage de Don Tillman et sa recherche d’une partenaire est venu en premier et a conduit à tout. J’ai travaillé durant cinq années sur l’histoire avec beaucoup de changements, ce qui depuis longtemps est un scénario plutôt qu’un roman.

Je n’essaye pas d’écrire tous les jours – la progression ce n’est pas juste que des mots sur une feuille. Parfois, j’esquisse l’histoire ou je travaille sur un problème de terrain, ou je pense un personnage, parfois je ré-écris, parfois aussi j’ai une réflexion créative sur ce qui pourrait être différent ou amélioré.

Mais quand je suis en train d’écrire, ça va très vite – plusieurs milliers de mots par jour avec des pauses bien délimitées.

Quand j’ai eu un emploi à temps plein, j’ai écrit durant les temps morts ou petites pauses, quand je le pouvais. Je ne regardais pas la télévision.

Je sais que vous êtes un expert dans la modélisation des données et des systèmes d’information. Comment votre expérience dans ce domaine a pu vous aider, ou a apporté certains changements, dans  l’écriture du Théorème du Homard ?

Ça m’a aidé plus que vous (ou vos lecteurs) pourriez le penser. Mon approche de l’écriture est fortement informée par mon expérience en technologies de l’information et d’un doctorat en théorie de la conception – plus mes études de scénarisation. J’ai d’abord réalisé le canevas, et je n’ai pas écrit tant que je ne l’avais pas. Je traite la créativité comme quelque chose qui peut être gérée et travaillée et pas seulement en attendant que la magie prenne le relais.

Le théorème du homard est un best-seller international, comme vous le savez bien. Comment ce livre a changé votre vie ?  

Oui. Je suis un écrivain à plein temps, je fais quelque chose que j’aime, mais j’ai jamais pensé que j’étais capable de le faire, j’ai la chance de communiquer avec les gens partout dans le monde. Financièrement, ce n’est pas encore une grosse affaire, mais ça me permet de me consacrer entièrement à ma carrière d’écrivain.

Sur quoi travaillez-vous en ce moment?

Une suite au Théorème du homard. Je suis aussi le scénariste de la version cinématographique du livre qui a été acheté par Sony Pictures. Et j’ai toujours quelques histoires courtes sous le coude.

Je ne peux pas attendre de voir le Théorème du homard  à l’écran. Je vais attendre avec impatience de voir qui joue Don. Je ne peux pas m’empêcher de penser à Sheldon dans la série The Big Bang Theory …

 http://cathylamb.org/2014/01/author-interview-graeme-simsion-the-rosie-project/

traitSeparationTrès chouette interview de Don Tillman, la blogueuse a envoyé ses questions à Graeme Simsion qui s’est mis dans la peau de son personnage. Quelques éléments du livre mais rien de méchant, par contre vous risquez de ne pas comprendre si vous n’avez pas lu le livre

Merci Don pour vous être arrêté sur le blog aujourd’hui ! Nous sommes excités de vous poser les questions ! D’abord, dites-nous à quoi ressemble une journée parfaite ?

Ne pas sortir de l’emploi du temps.

Quel est le plus mémorable souvenir de votre enfance ?

Avoir été sans raison valable sorti d’un cours de catéchisme

Quel est votre livre préféré et pourquoi ? Film préféré ?

Livre : Gödel Escher Bach de Douglas Hofstader. Il contient une sorte de fiction matérielle néanmoins digne d’intérêt et qui a un discours intéressant sur l’intelligence artificielle et la récursivité. Film : To kill a mockingbird à cause de l’effet positif sur Rosie qui trouve le personnage d’Atticus Fynch sexuellement attractif.

4cc079b7666773b6f5dd6723f9b4f8d9  vlcsnap-2014-09-16-19h47m33s173 vlcsnap-2014-09-16-13h19m55s48

(Note de moi: Pour ceux qui ont lu le livre, Rosie dit que Don ressemble à Gregory Peck *-*  Voici des captures d’écran tirées du film et c’est comme ça que je m’imaginais Don, donc parfait!)

J’ai entendu que vous appreniez très vite. Quelle compétence que vous ne possédez pas encore aimeriez-vous avoir le plus ?

Vous avez dû être mal informée. Votre impression est probablement basée sur une preuve anecdotique dans un domaine limité – à savoir lorsque que je dois réaliser des cocktails et qu’une bonne mémoire est indispensable. Je ne suis pas surpris de votre erreur. Les physiciens (visiblement la blogueuse en est une) sont connus pour surévaluer l’expérience personnelle et la preuve est anecdotique. Ça m’a pris énormément de temps pour apprendre à rattraper une balle. Et « ne possédez pas » est imprécis. J’ai évidemment quelques compétences pour lire et me rappeler les visages, mais elles sont bien en dessous de la moyenne, conduisant à des problèmes de remplissage de verres lorsque que les gens changeaient de places. Plus quelques autres difficultés.

Je sais que vous avez construit une liste détaillée pour trouver la femme parfaite. Si vous étiez capable d’en faire un résumé en seulement cinq mots, quels seraient-ils ?

Avant de rencontrer Rosie, je cherchais une partenaire rationnelle. Dans la situation hypothétique dans laquelle je pourrais appliquer ce que j’ai appris du Projet Rosie avant de commencer le Projet Epouse : une partenaire pour joindre des projets.

Si vous pouviez rencontrer un personnage historique, qui serait-ce et pourquoi ? Et quelle serait votre question ?

C’est une question délicate sachant que certains personnages historiques pourraient nous fournir des informations intéressantes et que notre savoir scientifique à depuis progressé. Je demanderais à Fermat à propos de la preuve qu’il a annoncé avoir trouvée pour « son dernier théorème » mais je trouverais certainement qu’il a fait une erreur et dans tous les cas nous avons maintenant résolu le problème. De là, je choisis le chromosome Y d’Adam, le membre de l’espèce homo sapiens duquel tous les êtres humains descendent de manière patrilinéaire. Je choisis l’ancêtre masculin, comme nous en connaissons plus à propos du gène mitochondrial d’Eve grâce à l’habilité à tracer l’ADN mitochondrial. Je suppose que je lui parlerais avec la capacité de converser dans son langage. Et j’aurais déjà un maximum d’informations rien qu’en regardant les alentours – animaux, Adam lui-même, et même à vérifier que l’on se trouve bien en Afrique. Je lui demanderais : Quelle est votre routine quotidienne ?

Pouvez-vous nous raconter une histoire à propos de votre élève le plus mémorable ?

Non. Je suis interdit par le doyen et par le département légal de l’Université de débat à propos du désastre de la mauvaise identification du genre.

Pourquoi la génétique ?

A l’origine, grâce à des études d’informatique qui étaient très stéréotypées, ce qui était ennuyeux. La génétique est également intéressante, d’un point de vue mathématique, et m’a donnée deux diplômes avec de fortes synergies. J’ai aussi pensé que je voudrais éviter l’étiquette de geek. Je me suis trompé – quel que soit la profession que j’aurais choisie, il y aurait eu le suffixe geek pas loin.

Si vous deviez ne manger qu’un seul repas pour le reste de votre vie quel serait-il et pourquoi ?

Le même repas tous les jours ? Idée incroyable. Demandez-vous à tous les interviewés cette question ? Comme physicienne vous devriez certainement être consciente que ce serait difficile de fournir une nutrition correcte avec des repas qui ne varient pas. Ma solution serait de choisir une large variété de plats formant un repas avec  des excès de quantité pour chaque plat, ce qui pourrait fournir une balance diététique en variant les quantités relative  utilisée pour chaque plat. La question est hypothétique et ma réponse invraisemblable  pour être une valeur pratique. Je la considère comme une perte de temps considérable. La réponse suivante est indicative et seulement les composants principaux sont démontrés. Tous les plats sont normalement accompagnés par des féculents et des légumes.

Huitres de Nouvelle-Zélande

Soupe Miso

Sashimi de thon

Salade de homard

Filet grillé de kangourou

Fromage incluant roquefort, gorgonzola et brie truffé

Fruit

Votre question m’a motivé à faire une vraie Margarita pour accompagner mon repas virtuel.

Voilà j’espère que vous êtes contents les gars de cette interview autant que moi. Je peux vous dire avec certitude que je n’avais encore interviewé quelqu’un comme Don.

http://cahreviews.blogspot.fr/2014/04/character-interview-with-don-tillman.html

traitSeparationL’article retrace surtout une autobiographie de l’auteur et se penche très peu sur le livre en soi. Je la mets quand même pour ceux qui aimeraient en savoir plus sur Graeme Simsion. A signaler, qu’à la fin de l’interview il jure ne pas faire une suite au bouquin alors que celle-ci sort ce mois-ci chez nos amis anglophones lol  

Interview du 26 janvier 2013 – The Sidney Morning Herald

A cette même époque l’année passée, Graeme Simsion écrivait un script d’arrache pieds dans le cadre d’un cours de scénarisation à l’Université RMIT de Melbourne. Ça allait plutôt bien – il avait remporté le prix « Australian Writer Guild » pour le meilleur scénario de comédie romantique et l’avait envoyé à un agent new-yorkais, sans joie, mais un producteur local, Roslyn Walker, avait pris une option dessus. Les choses semblaient bien se présenter.

Aujourd’hui, c’est encore mieux. Nous sommes assis dans sa maison Fitzroy et nous ne parlons pas du scénario mais plutôt de son roman, qui sera publié en Australie la semaine prochaine et au cours des prochains mois dans le monde – à ce stade de la publication, les droits ont été vendus dans 32 pays pour environ 1,8 millions de dollars.

Simsion a écrit le roman pour une raison : « la question était de savoir comment réaliser un scénario qui pouvait être remarqué et une des idées qui m’est venue lors des cercles en classe de scénarisation était de le publier comme premier roman ».

Le théorème du homard raconte l’histoire du professeur Don Tillman, généticien, souffrant probablement du syndrome d’Asperger, socialement maladroit et une catastrophe avec les femmes. Quand il y arrive, ses premiers rendez-vous sont invariablement catastrophiques. Mais Don veut une compagne et avec l’aide de son meilleur ami Gene, dont le propre projet est d’avoir des relations sexuelles avec une femme de chaque pays dans le monde, il conçoit un questionnaire :  »Avec un objectif précis, c’est un instrument scientifique valide visant à filtrer les candidates pour ne pas perdre son temps: le questionnaire élimine les filles désorganisées, les discriminatrices de crème glacée, celles qui se plaignent du physique, les voyantes, les lectrices d’horoscope, les obsédées de la mode, les fanatiques religieux, les végétaliennes, celles qui regardent le sport à la télé, les créationnistes, les fumeuses, les scientifiques analphabètes, les homéopathes, laissant idéalement, la partenaire rêvée ou de façon réaliste, une courte liste de candidates possible.  »

Don est tout à fait singulier dans ses habitudes. Il mange le même repas selon les jours de la semaine, planifie ses activités à la minute et déteste s’écarter de son emploi du temps. Il porte des vêtements confortables et faciles à laver, laissant de côté la mode.

Il baptise son questionnaire « le projet épouse » mais les choses tournent mal quand il rencontre Rosie, une étudiante totalement inadaptée du point de vue du projet, mais qu’il accepte d’aider dans sa quête d’identification de son père biologique après la mort de sa mère. Tout ce que l’on sait, c’est que la nuit de ​​son diplôme et avant de se marier, la mère de Rosie a eu une aventure d’une nuit avec quelqu’un de sa classe. Ils décident alors de tester l’ADN de toutes les personnes de la photo prise ce soir-là pour résoudre le mystère.

Simsion admet que les évènements de l’année passée lui semblent extraordinaires, comme « vivre un rêve ». Il ne veut pas non plus que ça devienne « trop lourd ». Après tout, il a dirigé une entreprise avec succès durant 20 ans ou plus avec une éthique de travail considérable. Alors, il s’est appliqué: « Je sens que j’ai fait les 10.000 heures nécessaires pour obtenir quelque chose de bon »

Quand je suggère qu’il est très concentré, il s’arrête un instant: « Probablement plus déterminé que concentré, je dois travailler pour arriver à me concentrer

Quoi qu’il en soit, l’histoire de l’écriture et de la vente du « Théorème du homard »  est remarquable. Tout ce qui reste est d’attendre la réaction des lecteurs. Simsion s’était inscrit dans le cadre de cours de scénarisation et voulait une idée concrète à laquelle il pourrait appliquer tout ce qu’il avait appris.

« Ma femme, mon fils et moi marchions en Nouvelle-Zélande et j’ai ébauché cette histoire, qui m’a été inspirée par un bon ami dont la route n’est pas sans rappeler celle de Don qui a eu beaucoup de mal à trouver un partenaire dans sa vie. Nous l’avons simplement écrite dans le but d’un atelier de théâtre ».

 »Une des techniques que j’ai apprises plus tard, c’est que si vous écrivez une histoire de toute sorte, il y a une grande valeur à pouvoir le faire oralement d’abord. Il faut être en mesure de raconter l’histoire. Et je racontais mon histoire naissante tous les soirs à ma pauvre femme et mon fils et ça se développait. »

Sa femme, en plus d’être une universitaire, est aussi une écrivaine. Elle a écrit deux romans publiés il y a quelques années et a commencé à écrire de la fiction érotique sous le nom de Simone Sinna

 »Nous passons beaucoup de temps à parler et à écrire ensemble. »

herals

Dès le début, l’histoire était un drame romantique mais Simsion a réalisé que son scénario avait la structure d’une comédie romantique classique – un garçon rencontre une fille, perd cette fille, la récupère à nouveau.

« C’était juste ce type de schéma que vous avez dans une comédie romantique. Il y a des livres qui reprennent les neuf étapes dans une comédie romantique et c’était totalement ça »

Contrairement à de nombreux films, où ce sont les personnages secondaires qui font rire, Simsion était déterminé à ce que les rires viennent de l’interaction de ses personnages principaux. « C’est censé être une comédie où l’on rit fort et à haute voix » dit-il.

« Un grand nombre de comédies romantiques sont simplement des drames-romantiques où la comédie arrive en deuxième lieu »

Cependant, ça n’a pas été de tout repos. Un de ses professeurs a détesté le personnage de Don Tillman et pensait que les gens ne lui trouveraient aucune sympathie, seulement de la  gêne. Un autre lui a dit que ce serait bien si Gene mourrait car « un mort fait toujours bien au cinéma ».

Finalement Simsion a recommencé à partir de zéro, en ne conservant que Don, qui est devenu un généticien, et Gene. Et il a présenté le fil conducteur. Cette idée n’était pas entièrement nouvelle.

« En fait, j’avais donné cette histoire comme idée à ma femme pour un livre dramatique, il y a peut-être 15 ans. Elle n’y arrivait pas et disait que ça allait nulle part. Quand j’ai dit « je pense qu’il faudrait l’utiliser comme une intrigue secondaire pour le « Théorème du homard. As-tu déjà terminé d’écrire quelque chose ? » Elle m’a donné le fichier et elle avait écrit 140 000 mots. »

Seule l’idée de base de la recherche d’un père est restée dans le livre de Simsion.

Alors que le roman était là comme un moyen d’obtenir une fin, Simsion concède qu’il avait toujours voulu écrire un roman et a senti le scénario s’installer; une approche différente pouvait produire des résultats différents. Alors, comment aller de celle du scénario à celle de roman?

Ce qui l’inquiétait, c’était de pouvoir supporter la voix de Don. Il a écrit trois chapitres avant de commencer à suivre un cours de roman écrit (également au RMIT) et quand il a apporté et lu le premier chapitre aux collègues du cours, ils ont voulu très vite entendre les autres.

« Presque tout le monde a dit oui, et c’est ce que je cherchais. » Il a continué l’écriture. Il était à quatre semaines d’aller à WHOA. Il avait une semaine pour réaliser trois chapitres et le livre entier en quatre semaines, puis il a passé trois semaines pour l’édition et la finalisation. « A ce moment, naïvement, je pense que j’ai quelque chose d’intéressant à donner en pâture aux éditeurs ».

Le manuscrit est parti dans plusieurs tas. Il a également été mentionné comme manuscrit inédit pour le prix « Victorian Premier’s Literary ». Et quand il a été sélectionné en mai dernier, il y avait quatre éditeurs proposant une offre pour le livre, après qu’il ait remporté le prix, un autre s’est encore ajouté.

Pensait-il qu’il y aurait un effet boule de neige ?

« Pour être honnête, je pensais que ça se passerait de deux façons. Soit ce serait un échec, soit ce serait un grand succès. Quand j’ai fini d’écrire, je pensais que c’était la meilleure chose que je n’avais jamais créée. Vous faites certaines choses dans votre vie et certaines sont mieux que d’autres. J’étais très fier de mon œuvre. »

Simsion a encore un petit accent de la Nouvelle-Zélande. Il est venu en Australie à l’âge de 12 ans quand son père a déménagé pour être député chef de Melbourne. Le jeune Simsion était « un peu nerd » et alla à l’université à 16 ans, il a créé avec succès une société de modélisation de base de données et à l’a administrée pendant 20 ans.

« Financièrement, c’était assez stressant » dit-il, « et ces quelques dernières années, certains mois je me demandais si nous allions y arriver sans perdre la maison. Ce fut un soulagement de vendre le livre »

Il a proposé d’enseigner ses compétences pour conseiller et faire des séminaires à travers le monde. Il a également écrit des scénarios pour des courts-métrages réalisés par les étudiants RMIT, dont certains ont fini adapté sur l’écran comme le décès de Bud Tingwell (répété il y a quelques semaines sur ABC). « C’était terrible de travailler avec quelqu’un qui a tant d’histoire. C’était seulement quelques mois avant sa mort. J’ai passé beaucoup de temps avec lui à parler entre les prises. »

Il y a un an, qu’aurait pensé Simsion de lui-même en tant que scénariste ? Qu’en est-il maintenant?

« Je suis heureux d’être un meilleur romancier que scénariste » dit-il.

« Un deuxième livre est déjà terminé. C’est la moitié d’un projet fascinant – un livre de couple, un écrit par lui et l’autre par sa femme, Anne. Ils ont les mêmes personnages et la même histoire, mais l’idée est que lorsque que vous lirez le deuxième, vous apprendrez d’autre faits qui se sont passés, mais vous aurez toujours une lecture satisfaisante».

Et il a rédigé un troisième roman sur la base d’une relation après 22 ans de séparation.

Simsion signale que tous ses personnages masculins ont un peu de Don en eux, tout est un peu maladroit. « Comme l’a dit quelqu’un dans la classe, Don est un mec, tous les hommes ont une certaine quantité de Don en eux. Il y a une certaine vérité là dedans. »

Ian McEwan a dit quand il a fini d’écrire un roman que les personnages étaient morts pour lui. Alors que Simsion est catégorique: il ne peut y avoir aucune suite au « Theorème du homard », cela ne signifie pas qu’il en a fini avec Don Tillman. Il tweete dans la voix @profdontillman son personnage. Une sorte de vie après la mort.

http://www.smh.com.au/entertainment/books/graeme-simsion-20130124-2d81u.html

traitSeparation

 

VOILA!!!!!! J’espère que vous avez pris autant de plaisir que moi à découvrir le personnage dans sa possibilité Asperger! Je suis consciente qu’il y a certainement des fautes qui se baladaient dans les articles mais je les ais relus tous au moins 5x et j’y voyais plus clair. N’hésitez pas si une faute vous parait insupportable à me le communiquer (bon… ne faites pas uniquement ça non plus ^^’ )

 

like-su-facebook

Publicités

Une réflexion sur “Théorème du homard – interviews traduites

  1. Pingback: Un plaidoyer pour Asperger, le Théorème du Homard | Asperguette

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s