L’effet Rosie ou le théorème de la Déception

 

effet Rosie

Je fais donc ici suite à mon dernier article où je vous ai transmis avec le plus de justesse possible « Le Théorème du Homard ». J’ai acheté la suite et j’avoue que ça ne me laisse pas du tout le même goût en bouche.

Don et Rosie sont installés à New York, l’un est engagé à la fac de Melbourne et l’autre finit sa thèse à la même université avec le projet de commencer des études de médecine. Seulement deux évènements interviennent pour faire basculer ce bonheur, Rosie tombe enceinte et Gene, le meilleur ami de Don, se sépare de sa femme et vient cohabiter chez eux. Entre Don qui doit faire face à ses nouvelles responsabilités, travailler son côté émotionnel et Rosie qui n’arrive plus à comprendre Don et se sent complètement délaissée, la séparation semble inévitable.

 

Quand Simsion se force à écrire

Dans ses premières interviews, l’auteur était formel, il n’écrirait pas de suite. Et pour cause ! Cinq ans d’écriture pour le premier livre, soumission du script à des amis, des associations, correction en équipe. Le livre est un bijou surtout par le travail monumental derrière que Simsion a fourni en retravaillant intensément son œuvre.

Alors quand on sait qu’il n’a mis qu’un an à pondre la suite, une certaine inquiétude s’installe.  Comme c’est très souvent le cas dans les suites où le premier tome a été vendu à des milliers d’exemplaires, le nombre de pages a quasiment doublé. Et par ce fait, Simsion rompt avec son style d’écriture précédent qui voulait que l’on soit dans la tête de Don mais avec juste ce qu’il faut de réflexion, sans trop de détails. Ici, on est inondé !! La lecture en devient fastidieuse, voire même chiante, Don est ennuyeux au possible alors qu’il était intéressant. Alors que le premier volume était rythmé, nous sommes devant un pavé soporifique et décousu !

 

Don Tillman, le faux Asperger ?

Car on revient dans ce tome sur SA mais attention, en vrai coup de vent ! On ne comprend pas ce que l’auteur cherche à faire. Ici, clairement, Don n’évoque jamais la possibilité d’autisme mais accepte totalement de se dire différent de la norme. Un personnage dans le livre, lui laisse quand même sous-entendre qu’il serait autiste. Mais il y a polémique autour de cet évènement pour finalement ne plus savoir vraiment comment se place Simsion dans ce débat. Il soulève la méconnaissance qu’ont les spécialistes du SA mais pour écarter Don du spectre autistique… Un peu étrange. Alors qu’un vrai travail de fond pouvait être réalisé, le sujet est effleuré avec amateurisme et incompréhension. Au tableau du livre précédent, on découvre aussi que Don fait des crises de surcharge et est encore plus inapte que l’on pensait sur le plan social et le côté empathique.

 

Frustration, c’est l’histoire du livre

Autant j’avais pris plaisir à lire le premier tome, autant celui-ci m’a été pénible à lire. Déjà par le style d’écriture très lourd et trop détaillé. Ensuite, par l’histoire qui tout simplement est nulle ! D’ailleurs y’a-t-il vraiment un fil conducteur ?  On se souvient déjà que dans le Théorème du Homard, l’histoire n’était pas fracassante mais les personnages bien typés et l’humour donnait au livre cette saveur toute particulière. Ici, Don semble encore plus incapable qu’avant. Je me suis même demandé si c’était le même ? Il est encore plus en handicap social marié que célibataire… sans personnalité ou presque. Quant à Rosie, elle est devenue hyper chiante et on en vient même à se demander si ce n’est pas elle le problème de l’histoire. A côté de ce manque cruel de profondeur sur les personnages, vous avez l’histoire qui ne transcende rien du tout. Il faut attendre réellement la fin du livre pour voir les choses un peu bouger et sérieusement, j’avais juste l’impression d’être dans de la science-fiction tellement ce qui leurs arrivent est juste… irrationnel comme dirait Don.

 

Une fin qui achève la déception…

Sans spoiler, la fin laisse un vrai goût amer avec cette réflexion « c’est tout ? ». 500 pages de lecture pour avoir une fin aussi plate ? une happy end sans saveur et qui ne soulève aucune réflexion ! Ah si… Don finalement se rend compte qu’il vaut mieux être soi-même que de compenser pour avoir la personne qu’on aime, ça tranche donc avec la conclusion de mon article précédent. Car finalement c’est le problème du couple, Don se laisse aller, ne fait plus d’efforts et Rosie ne le supporte plus malgré sa gentillesse évidente.

 

Conclusion

A absolument pas acheter en broché… On est tombé d’un sacré niveau avec la qualité du précédent tome. Le SA n’est plus du tout au menu même si Don reste de manière évidente Asperger mais il le portait avec beaucoup plus de classe dans le premier tome. Le livre est tiré en longueurs inutiles qui cassent l’envie de lire. Autant le premier tome apportait une philosophie sur la vie, autant celui-ci propose un certain chaos mental avec une histoire très décousue et des réflexions qui, si elles se veulent organisées, font perdre le fil au lecteur qui finit par se demander où veut nous emmener l’auteur. Simsion aurait dû rester sur sa position, ne pas écrire de suite ou attendre le même nombre d’années pour peaufiner. On sent la pression de l’éditeur et l’argent à se faire derrière.

Un troisième tome est cependant en écriture… alors que Sony a acheté les droits du premier livre pour en faire un film

Publicités

Une réflexion sur “L’effet Rosie ou le théorème de la Déception

  1. Pingback: Bilan 2015 du blog | Asperguette

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s