Nous sommes légitimes

indigo-heart

 

C’était un dimanche comme bien d’autres. Enfin pas vraiment, il en avait seulement l’air. Durant la nuit, un fort sentiment m’était apparu auquel je n’avais pourtant pas prêté attention en me levant. Cela faisait plusieurs semaines que j’étais emmerdée avec le blog. Parce que je ne savais plus par quel bout le prendre entre les attentes des gens qui viennent sur ce site et mon évolution personnelle. Parce qu’en trois ans, je suis simplement plus du tout dans le même état d’esprit. Alors la question que je me posais était très cornélienne, faut-il que je continue en allant dans ma direction ou faut-il que je ferme le blog ?

Car voilà plusieurs semaines que des idées d’articles me parviennent mais ayant souvent peur de comment cela pourrait être accueilli je les mets de côté. Il est pourtant très dur d’oublier que vous ! vous êtes là à me rappeler que vous aimez mon travail car la page Facebook ne fait que grossir. Alors voilà que je ressens une certaine culpabilité… Y’a des gens pour me lire et moi comme une ingrate je n’écris rien… tout cela remontait à la surface de temps à autre car je suis inondée sous le travail.

Et j’avais eu des indices durant ma semaine avec un ami qui me parlait souvent de normalité chez les aspis ou les haut potentiel, la peur de la différence, de ne pas être compris. Chose à laquelle je ne pense plus trop aujourd’hui car je suis presque totalement en paix avec le sujet. Et là, j’ai encore plus culpabilisé, comment tu peux oublier les autres puisque toi tu vas mieux ? D’autant plus que je dois à mon travail avec vous mes plus belles révélations et amitiés. Je me sentais d’autant plus mal de laisser tout de côté comme ça.

Mais reprenons, cette nuit là j’ai eu un dialogue intérieur avec mon guide (intérieur ou non, c’est vous qui décidez en fonction de votre ouverture 😉 ) du style :

Guide : C’est quoi à ton avis la chose la plus importante à faire sur Terre vis-à-vis de soi ?

Moi : Pouvoir être soi-même complètement, ne pas avoir peur du regard des autres, être authentiquement soi dans le Cœur et l’Amour, s’aimer.

Guide : Alors n’arrête pas le travail que tu as commencé

Moi : Tu veux dire avec les autres ?

Guide : Oui, continue, donne-leur l’envie de s’aimer comme tu l’as fait pour toi.

Je vous avouerai qu’en me levant, tout ça me paraissait autant irréel que réel… Le sujet me touche beaucoup surtout quand je vois des enfants ou des ados pleurer d’être Asperger, autiste ou haut potentiel. Ca me révolte, ça me blesse et finalement ça me renvoie à mon passé. Et j’aimerais leur donner tout ce que je n’ai pas eu, les réconforter pour en faire des personnes assurément différentes mais confiantes dans cette normalité qui est la leur.

Alors je me lève et comme tous les matins, je me fais une bonne tasse de café crème bien dosée. Et comme c’est dimanche, j’allume la télé et je prends mon PC sur les genoux, lovée dans un plaid moumoute (oui oui moumoute u__u je suis un être faible). Et comme tous les dimanches matins, les programmes sont désastreux, principalement du télé-achat ou des vieilles séries (et dire qu’on paie pour ça…). Puis je tombe sur Arte qui présente la vie de Beethoven. Je laisse donc le documentaire mais très vite je m’arrête pour écouter. C’est passionnant. Beethoven est assurément haut potentiel aussi bien dans sa musique que dans son relationnel sulfureux. Son travail est passionnant dans la manière dont il s’y prend, dont il s’entoure qui est évidemment pour l’époque insensée. Mais il est apprécié car il s’accepte finalement comme il est ou parce que justement il donne bien le change mais s’impose. Ses courriers présentent un homme dévoré par ses passions et ses combats. Et je me laisse entraînée par le personnage, je vis et j’écoute sa musique d’une toute autre oreille. A la fin du documentaire, alors que Beethoven est complètement sourd, qu’il n’aura jamais eu de femme ni d’enfant mais qu’il est reconnu pour son génie, et malgré la lourde souffrance qu’il vit d’être coupé de son audition qui le plonge dans la solitude, il compose l’hymne à la Joie. Sa dernière œuvre, une des plus connue. Celle qui dit « même dans les pires moments de ma vie, je garde espoir, je négocie le bonheur mais je finis par l’avoir ».

Alors je me rappelle de ce que j’ai vécu cette nuit. Je me dis que ce n’est pas un hasard que j’ai vu ce documentaire ce matin. Ça vient encore plus appuyer mon sentiment. Et je me demande combien nous sommes aujourd’hui ? A survivre, à lutter avec soi-même et avec les autres ? Et je réalise que pour moi le plus dur est derrière moi et que je suis assez à l’aise avec ce que je suis maintenant mais que pour que des milliers de personnes ce n’est pas le cas surtout parmi nous. Ca fait bien longtemps que je ne vois plus en nous de la différence mais simplement un autre système d’exploitation (un peu comme si nous étions les Linux du monde écrasé par  Windows).

Alors je dois continuer ce blog pour vous offrir la confiance et l’assurance que ce que vous êtes est juste et légitime. Qu’il n’y a de différence que celle que l’on accepte de subir et que la société ne peut rien si on s’unit dans le cœur. Je ne sais pas si vous avez remarqué que les gens qui s’acceptent et qui s’aiment ont généralement aucun soucis avec le regard des autres et qu’ils ne le voient même pas, ils s’imposent et ce sont les autres qui s’adaptent. J’aimerais vous donner la force que ce soit les autres qui s’adaptent pour vous mais certainement pas dans l’agressivité mais dans l’Amour et dans le cœur car nous seront encore bien plus supérieurs. J’ai envie de dire que nous formons une seule et même famille et qu’on n’abandonne pas sa famille. En disant cela, je n’ai pas envie de former quelque chose de fermé ou qui classifie. Nous versus les autres. Surtout pas. Mais plutôt qu’ensemble, nous avons une force immense d’Amour à déployer pour ouvrir le cœur des gens à ce que nous sommes. Nous pouvons travailler main dans la main tout en étant respectés. Je suis souvent désolée (mais je comprends) de lire ou d’entendre des autistes révoltés sur la société intransigeante avec le handicap. C’est en effet une triste réalité mais c’est à nous d’ouvrir les portes avec amour et de ne pas abandonner. Quels sont nos choix? Abandonner et perdre espoir ou alors nous rencontrer et nous supporter les uns les autres et vivre au maximum, renouer avec les plaisirs de notre vie, de nos choix. J’ai choisi de vivre et j’espère pouvoir maintenir en vous cette envie ou vous la donner profondément.

Je remercie toutes les personnes qui m’écrivent et qui me partagent que ce blog a été une vraie aide pour eux et c’est pour ça que je ne désire pas le fermer. Je vous aime tous et j’ai la chance de pouvoir dire que je fais partie d’une communauté courageuse. Contrairement aux autres, je nous vois un réel avenir. Un avenir de joie et de partage. Et quand une communauté s’amuse, que se passe-t-il? Elle donne envie aux autres de la connaître! Alors incarnons nous comme nous sommes. Soyons pleinement nous mêmes. Soyons simplement heureux. Vivons  sans honte car nous sommes légitimes.

Et comme toujours, je suis prête à écouter chacun de vous personnellement si vous avez besoin d’aide!

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