Debrief Soirée HP sur M6

Comme annoncé, hier était une soirée surdouance sur M6 (vous trouverez certainement un replay). J’ai assisté à un concours de bêtes de foire, calculettes vivantes à l’égo surdimensionné qui se battent entre elles et présentant la haute potentialité comme on la percevait il y a 30 ans (voir plus).

 

Le concept 

Mais revenons à l’émission. M6 décide de suivre plusieurs élèves dans leur intimité reconnus pour leur surdouance et qui participent à un concours organisé par Mensa. Le gagnant obtenant 20 000€ pour son école.

Première chose qui me choque dans le suivi de quelques uns, la manie des parents à être inquiets parce qu’ils se reposent sur leurs acquis ou inversement, les poussant dans les extrêmes en les faisant réviser au delà de ce qui me semble correspondre à une enfance équilibrée. Un couple de parents précisant même que leur enfant souffre d’insomnies à 9 ans. Le psy de Mensa commente ensuite que les HP ont un profil aux insomnies…  Alors là franchement STOP!

Oui, il est clair que les insomnies sont liées au cerveau qui ne s’arrête jamais de réfléchir. Mais quand on pousse son gosse à bosser sans cesse et à tout le temps réviser ou apprendre au delà du programme, est-ce franchement étonnant ? Si ces parents ont à coeur de transmettre des valeurs de travail, il serait aussi bon d’apprendre que l’on peut aussi se reposer et s’offrir des moments de détente. D’autant plus que le gamin n’est pas du tout en échec scolaire, alors pourquoi le priver en partie de son enfance? J’avoue que ça me fait un peu peur de voir ce gosse à 9 ans qui a l’air complètement robotisé. Si la philosophie zen est en explosion chez nous avec les techniques de relaxation, c’est pas du tout un hasard. Nos sommes actuellement dans un déséquilibre où les valeurs de travail sont bien plus présentes et démolissent beaucoup de personnes vers la quarantaine ou la cinquantaine causant de nombreux burn out. Et ceux qui abusent le plus de ces méthodes, ben ce sont nous! car notre hypersensibilité peut nous emmener très vite en enfer.

Biensûr, je pense sincèrement que les parents ont eux-mêmes reçu cette éducation et que c’est à leur sens « la voie juste ». Alors j’aimerais témoigner. Moi aussi je viens de cette éducation. A 7 ans, mes parents me faisaient réviser les week end dans les matières faibles, me faisaient prendre de l’avance sur le programme, etc. Je ne vivais que pour les bulletins de notes et recevais des récompense en fonction. J’ai commencé à 7 ans et cela n’a pris fin qu’à 25 ans avec l’achèvement de mon Master. N’ayant fait que bosser comme une tordue, n’étant jamais sortie avec les amis car je devais sans cesse travailler, je me suis retrouvée épuisée à la fin de mes études avec en prime un ulcère à l’estomac, une psychorigidité très avancée, un décalage complet avec le monde et aucun boulot à la sortie (mais 17 de moyenne youhou .__. ). Aujourd’hui, cette expérience me laisse tout simplement un goût amer et énormément de regrets, j’aurais du aller m’amuser avec les autres et je ne pourrais jamais revenir en arrière. Je n’ai tout simplement jamais profité de la vie et avant même d’arriver dans le monde du travail, j’en étais déjà dégoûtée car j’avais eu l’impression de n’avoir fait que ça. Le goût de l’effort s’est alors transformé avec le temps en une phobie qui rappelle un passé ressemblant très fort à une prison intellectuelle (je reviendrai dans un article en détails sur ma scolarité).

Je suis aussi heureuse de voir certains parents font confiance dans les capacités de leurs enfants et ne les remettent pas en doute.

Néanmoins, je reste attristée de voir que Mensa organise ce concours car ça confirme ce que je pensais d’eux depuis longtemps. Mensa c’est pour l’élite des haut potentiels. C’est cette image qu’aujourd’hui j’aimerais détruire, tous les haut potentiel n’ont pas des résultats scolaires de fou ou ne sont pas des singes savants à la mémoire impressionnante. Et je ne me reconnais personnellement pas dans ce que je peux voir.

 

Les adultes 

Passons maintenant à la seconde partie de soirée, dédiée aux adultes. Déjà, je félicite M6 d’avoir parlé des adultes souvent oubliés (on s’en plaint tellement du côté des autistes). L’émission suit quatre HP dans leur quotidien : un père de famille HP dont l’enfant est HP, une mère de famille qui se fait diag à l’âge adulte et deux jeunes HP qui se battent dans le monde du travail. L’un pour en obtenir et l’autre pour en trouver un autre à la hauteur de ce qu’il est.

L’émission effleure vraiment de très gros sujets qui méritaient plus d’approfondissement. D’autant plus qu’elle était commentée par Siaud-Facchin dont j’aime beaucoup le travail et qui elle-même à du être frustrée de voir à quel point elle a été coupée au montage… Le reportage est en fait un résumé de beaucoup de choses un peu brouillonnes.

J’entends parler de la notion d’ennui. C’est aujourd’hui ce qui me fait encore le plus de soucis. La vitesse à la laquelle je peux maîtriser un savoir ou faire le tour d’une personne. L’ennui qui s’en suit et la frustration, le besoin de mettre quelque chose sous la dent mais aussi l’instabilité que ça provoque. Car c’est ce qui me fait papillonner dans tous les sens. J’avoue aujourd’hui être très très fatiguée de ce système. Quand on est jeune, on peut se permettre de vivre ça mais adulte avec des factures à payer, professionnellement, c’est autre chose. Je reviendrai surement sur ce sujet en détail dans un autre article.

J’entends parler aussi du « faux self » ou cette manie de se créer une vie qui n’est pas la vraie pour être intégré au sein d’un groupe. Je me rappelle en avoir un peu usité ado sous la pression du groupe. Comme la personne le disait « ce déchirement entre être soi ou intégré ».

Enfin, je retiens aussi que pour se faire diag à l’âge adulte, il faut débourser entre 300 et 500€… Sérieusement ? Dans le reportage, on parle d’une démarche courageuse. C’est clairement vrai puisqu’il faut limite s’endetter lol Reste la méthode cheap, si vous réussissez le test Mensa (40€ pour participer), vous savez que vous êtes au dessus de 130 de QI car ils ne prennent pas en dessous. Mais ça ne vous donnera pas le chiffre exact du quotient.

Si le reportage est un peu plus juste que pour les enfants (bien que l’on reste sur des adultes aux capacités extraordinaires), je regrette que dans les deux reportages, on ne parle pas plus des difficultés sociales de ce profil. Car à écouter être HP c’est hyper cool et personne en souffre (ou très peu). Chez les adultes, le reportage met en avant le décalage que l’on peut avoir avec les gens normaux mais le sujet est à peine exploré.

 

Conclusion

Ces reportages pourtant bien destinés aux NT ne présentent que le côté « savant » à la Rain Man et classifie les HP loin de l’échec et des difficultés sociales.

Ils ont tout de même essayé de présenter tous les types de profils possibles mais que ce qui était observable et compréhensible de tous était à mon sens que la partie visible de l’iceberg et la moins intéressante.

 

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