Test aspie quizz – 3 ans et demi après!

Donc après 3 ans et demi de développement personnel sur moi et de lecture émotionnelle, je me suis dis que ça pourrait être intéressant de recommencer le test aspie quizz pour voir l’évolution de mon score.

 

Petit rappel d’où je viens

Je fais ce rappel car vous êtes aujourd’hui beaucoup à arriver sur le site sans savoir d’où je démarrais. On me pose parfois la question de pourquoi le blog s’appelle Asperguette alors que je ne suis pas Asperguer. Il faut pour cela comprendre d’où j’ai commencé.

Il y a donc environ 4 ans, je tiens le livre de Schovanec « je suis à l’Est » en mains et je me reconnais complètement dans ce bouquin. Je commence alors à chercher sur Internet, faire l’Aspie quizz, et tout semble révéler que j’ai en tous cas un TSA (trouble su spectre autistique).

Il est vrai qu’à l’époque je suis terriblement psychorigide (voir les premiers articles). Il me faut le contrôle sur tout, le mental et l’analyse sont aux commandes de manière constante. Aucune souplesse au travail ni dans la vie perso. Je viens d’une scolarité rigoureuse mais chaotique au niveau sociabilité. Le monde professionnel est une torture. Je suis en décalage constant avec les autres. Épuisée et à bout de ressources tout le temps donc dans une certaine solitude réconfortante et bienfaisante mais qui me coupe de tout.

Ma première démarche est donc de me renseigner abondamment sur ce profil. Si beaucoup de traits sont présents, il y a toutefois quelque chose qui ne correspond pas c’est le social. Disons que s’il m’est difficile, il ne l’est pas au point que j’ai un manque de lecture des visages, de la compréhension de ce qu’on me dit et j’arrive quand même bien à m’en sortir oralement et à rencontrer les gens (puisque mon métier aujourd’hui est la thérapie énergétique).

De plus en plus sur les groupes Facebook, des personnes évoquent le profil Haut potentiel qui présente justement cette différence avec le profil Asperger. Beaucoup de traits communs, surtout sur la mauvaise gestion émotionnelle mais une gestion du social plus complète. A ce moment là, je me retrouve nettement plus.

Pour la petite info, comme je veux être sure, je téléphone au CRA de ma région, qui m’envoie paître gentiment en me disant que puisque je travaille et que j’ai des amis, je ne peux pas être Asperger… Faut dire qu’il y a 2 ans d’attente de liste, donc faut bien faire un tri.

En arrive alors la démarche de passer le test de QI que je ne fais pas. Un peu refroidie par le système. Mais surtout à cause de ma prise de conscience. Après avoir lu pendant un an et demi toutes les publications et tous les livres possibles il me semble évident que je suis « précoce » comme cela se dit… Avec en plus un TDA, de l’hypersensibilité, de la dyscalculie et pour finaliser le tout un léger TSA. Sachant que tous cela avait d’ailleurs été mis en évidence très tôt durant ma scolarité.

Hypersensibilité dès la maternelle, avec anxiété et angoisse d’aller à l’école et de se lier socialement. Maux de ventre récurrents pour un oui pour un non. Pas d’amis, isolement. Pensées obsessionnelles sur l’avenir et ses possibles risques (à seulement 5 ans)

TDA révélé lors du CP. Gros manque de concentration d’ailleurs jusqu’à la fin de ma scolarité qui m’oblige à trouver mes propres systèmes et à bosser 2x plus que n’importe qui. A l’époque on m’accuse d' »inattention » ce qui est pire. Car ça me fait passer pour une personne qui ne veut pas se concentrer… et me fait beaucoup perdre confiance en moi et forcément, pas brillant pour l’estime ensuite.

Dyscalculie révélée dès le CP, mais à l’époque, on ne connait pas ce profil. Juste la dyslexie. Pareillement, ça me suit comme une torture jusqu’à la fin de ma scolarité puisque les maths sont en sciences aussi. Les cours de rattrapage que je suivais pour faire plaisir à mes parents n’y feront rien. Tout se mélange dans ma tête.

Alors aujourd’hui, après cette lecture de mon passé mais aussi après avoir travaillé sur moi, je ne ressens plus le besoin de validation extérieure. Ca arrive trop tard dans ma démarche puisqu’en fait, j’ai déjà commencé à me reconstruire et que le papier ne changerait plus grand chose pour moi.

 

Les résultats du nouveau test

Voici les résultats obtenus aujourd’hui. Entre parenthèse, celui quand je l’ai fait en 2014

Votre résultat Aspie: 99 de 200 (130)
Votre score neurotypique (non autistique): 115 de 200 (92)
Vous semblez présenter des traits à la fois Aspie et neurotypiques
J’ai donc réussi à balancer les choses vers un équilibre ! Ce que je ressens d’ailleurs aujourd’hui et je ne suis pas étonnée car je me vis beaucoup mieux qu’au moment où je me pensais Asperger.

Bon, il faudra tout de même noter qu’entre temps le test à lui aussi évoluer (la roue n’est plus la même) et c’est bien dommage car ça ne me permet pas pour le coup de comparer celle-ci à mon ancienne….

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Comment j’ai réussi donc à équilibrer les choses ?

Je pense que c’est principalement la perte de psychorigidité et de contrôle sur l’environnement qui me l’ont permise. J’ai lâché prise sur beaucoup de choses comme la ponctualité, l’imprévu (je suis heureuse aujourd’hui si un ami vient sans prévenir, impensable il y a encore 4 ans !), la souplesse d’esprit (finit les rituels programmés de la journée comme manger à heure fixe).

Pour y arriver, j’ai travaillé par autohypnose, chamanisme et soins énergétiques (magnétisme, acupuncture, bioénergie). Alors je sais, pour beaucoup, que tout cela est peut être de la charlatanerie mais ça m’a complètement refait!

Et aujourd’hui, la spécialiste de énergétique c’est moi. Après 3 ans de pratique personnelle et professionnelle, je peux vous dire que ce que j’ai observé de manière récurrente entre tous ces profils Aspie/HP/hypersensible c’est que l’énergie circule plus dans le haut du corps que dans le bas! Ceci est ma découverte. Et que se passe-t-il quand l’énergie circule pas dans le bas? Et bien on est sur du TDA, de l’hypersensibilité, du manque de motivation, de la dépression chronique, de l’anxiété à haut degré, de la psychorigidité, du manque de confiance, bref tous les soucis principaux de ces profils.

A l’inverse trop d’énergie dans le haut du corps donne justement un profil très lunaire, émotionnellement trop fermé ou trop ouvert, dans l’intellect et l’imaginaire en  permanence, toujours en train de penser et d’analyser etc.

Donc aujourd’hui, c’est en équilibrant l’énergie dans mon corps et en faisant du développement personnel à outrance (parce qu’il y a aussi l’éducation, l’école et son système déplorable, la psychogénéalogie, la lecture émotionnelle de soi, etc) que j’ai réussi à me rééquilibrer. Cela signifie que je suis toujours la même, mais comme je me lis mieux et que je me connais mieux, je suis arrivée à équilibrer et à faire de mon profil une force et non plus un handicap!

 

Conclusion 

Ma conclusion c’est aussi la société qui n’est pas du tout adaptée à nos profils (mais c’est pas une découverte). Mais de plus en plus, j’observe qu’elle l’est en fait pour personne! Vu le nombre de burn out qui passent chez moi… Notre société, dès l’école, ne tient pas compte des sensibilités différentes de la personne et cela continue ensuite. Et pourquoi? Parce que la société attend de nous de la performance dans un cadre très rigide sans réflexion. Apprendre et appliquer pour être de bons petits soldats qui rapportent de l’argent. Et malheur à vous si vous n’entrer pas dans le moule, vous devenez inutile (si en plus vous défendez vos idées, vous dérangez).

Alors mon message est avant tout celui de l’espoir! C’est à nous tous de faire changer la société car c’est bien nous qui décidons! Par nos habitudes, par nos comportements, par nos envies, la société s’adapte (bon surtout niveau consommation, on va pas se mentir…). De plus en plus d’écoles privées Montessori voient le jour, de plus en plus de parents militent ou fondent des assos. Ca bouge! Continuons.

Sur ce, bonne semaine à tous!

 

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[TEMOIN] Emploi, entretien d’embauche, autonomie

 

C’était à mon sens un des exercices sociétaux le plus complexe, l’entretien d’embauche… Car il faut connaître à la fois l’attitude à avoir, savoir s’habiller correctement, avoir l’aisance orale et savoir décoder les comportements des futurs embaucheurs et dans tout ça, arriver à exprimer sa personnalité et convaincre sans faire peur.

Bien que je n’aie pas toujours été mauvaise à ce jeu-là, l’exercice a fini par me laisser tout de même un goût très amer en bouche. J’avoue que quand j’ai fondé ma société, l’idée de ne plus devoir me plier aux entretiens m’a fortement soulagé.

Quand je décrochai un entretien, j’étais toujours dans la même situation de malaise surtout face aux questions bateaux du genre « quels sont vos défauts ou qualités…? » Comme si j’allais m’exprimer *ironie on* « mon défaut ? je fais souvent des heures supplémentaires au point de m’oublier ! oui c’est mon plus grand défaut » ou encore « je suis perfectionniste et je préfère passer au second plan pour laisser mon patron briller » *ironie off*. Généralement, ce qu’on a envie de dire c’est « écoute je veux garder mon logement, bouffer décemment et pour ça faut que j’ai de la tune. Donc le boulot j’en ai rien à foutre mais le fric que je peux gagner m’intéresse. Ah et j’ai horreur du travail d’équipe car je bosse bien mieux seul. Voilà donc comme vous avez vu, ma plus grande qualité, c’est la sincérité » .

Sans compter, qu’à ce jeu-là, nous les femmes sommes très désavantagés si on joue la carte du « je suis pleinement moi même« . Si on s’habille mal on n’est pas assez féminine (j’y ai eu droit), si on s’habille trop séduisant, ça passe plutôt bien pour un recruteur mais une recruteuse vous verra comme une rivale potentielle. Si on a trop de gueule, on est une emmerdeuse (chez un homme c’est de l’assurance !). On est généralement gardé pour des tâches plus ingrates et moins payées.

Mon envie de monter les échelons a toujours été un frein à mon embauche et j’ai même eu un gars un jour qui m’a sorti que j’étais trop motivé pour la place que je visais compte tenu de mon Master et que ce n’était pas très équilibré…

Et puis y’a aussi tous les jobs où j’étais à deux doigts d’être embauchée mais où je n’ai jamais vu la couleur du contrat !

Les seuls entretiens que j’ai réussi, j’ai été arnaquée par la société et j’ai du aller en justice pour me faire payer, youhou

La conclusion est donc assez rapide, c’est en somme la situation professionnelle qui permet très vite d’avoir la plus basse opinion de soi possible puisqu’on est généralement évincé sans savoir pourquoi et donc sans aucune chance de pouvoir s’améliorer. Ah oui, j’entends certains de vous dire « et on fait quoi si on décroche pas d’entretien???« . Il est vrai que je vous parle d’une situation où déjà vous avez eu une chance, celui de l’entretien. Que dire du nombre de timbres dépensés, des heures à rédiger des lettres de motivation, de construire un CV pour au final des lettres de refus voir même aucune lettre du tout et réponse morte la plupart du temps… Il faut un sacré mental pour ne pas abandonner.

L’expérience joue aussi car si on va dans un métier alimentaire où on ne connait rien, c’est un peu dur de se battre pour expliquer qu’ « on y connait rien par rapport à d’autres qui sont diplômés mais qu’on ne veut pas finir à la rue donc bon, on tente quand même ». Pour ma part, c’était juste impossible d’entrer dans cette logique. Impossible pour moi de faire n’importe quel boulot qui passe comme ma famille pourtant l’attendait de moi. Alors pourquoi ? Parce que vu mon hypersensibilité et ma tendance sociale à faire des surcharges, si je me sentais pas un minimum bien dans le boulot, j’abandonnais de toute façon après 3 mois. Et puis j’arrivais tout bonnement pas à mentir, me sentant très mal avec moi même.

J’aimerais aussi arrêter d’entendre « il est fainéant, il pourrait faire n’importe quoi et gagner sa vie ». Et si cette personne se respectait en fait ? et si tout le monde demain décidait de se respecter et de dire non à la société esclavagiste et de dire oui à son bien être ? Car à mon sens j’ai jamais trouvé logique d’aller postuler pour n’importe quoi alors que j’avais bac+5 dans un domaine qui demandait beaucoup de capacités et pour lequel mes parents avait payé le prix ! Je ne vois pas non plus l’intérêt d’aller travailler en traînant les pieds et de faire une dépression ou un burn out ou de gâcher l’ambiance sur place car on est pas heureux. A moins, et cela est très différent, que cette personne à une famille à soutenir ou qu’elle a un projet à construire ou un prêt sur les épaules. Sinon je ne vois pas pourquoi on se ferait du mal à travailler dans quelque chose qu’on aime pas. Et finalement, je me demande parfois si les gens ne projettent pas leur côté envieux « lui se bat pour faire quelque chose qu’il aime alors que moi j’ai pas fait ce choix, je vais tout faire pour le décourager« .

Pour le coup, ça m’a fait penser à ce mème qui circulait pas mal sur 9gag l’année passée dont j’ai changé le texte :

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Si je vous parle de ça c’est parce qu’aujourd’hui, j’ai ma société. Et c’est moi qui me vend. En salon de bien être, en conférence ou en atelier collectif et évidemment c’est très différent. La semaine dernière, j’ai reçu un coup de téléphone d’une institution qui voulait m’interroger sur la possibilité de travailler avec eux dans une maison de retraite. J’avoue que j’étais heureuse et surprise à la fois. En arrivant au rendez-vous, je dois commencer à vendre mon projet et mes capacités. Mais là, ce fut très différent, je connaissais mon sujet par cœur. Je savais exactement quoi dire au bon moment et surtout c’était moi le patron de mon affaire. A la fin de l’entretien, la directrice et son associée sont enchantée et je suis engagée pour un gros contrat qui pourra même en faire d’autres ensuite.

En sortant, je me rappelle dire tout haut « merci merci ». Je rentre dans ma voiture et je me rends compte du chemin parcouru. Entre celle qui disait n’importe quoi pour être engagée à tout prix et celle qu’on demande sans que j’envoie de lettre ou de CV, sans faire ma publicité. Je me rappelle avoir téléphoné à ma mère et lui avoir dit « c’est une revanche sur la vie ».

Voilà si je vous partage ça aujourd’hui, c’est pour vous dire que je me suis écoutée. Sur cette route, j’ai croisé les envieux qui me disaient que ma nouvelle voie apporterait aucun débouché, que la concurrence était trop rude, que je pourrai jamais en vivre sans faire un autre boulot sur le côté. Toutes ces personnes qui ont peur de vous voir vous en sortir du moule et faire des choix qu’elles n’ont pas eu le courage de poser par peur de l’inconnu. Et ces personnes, on les rencontre aussi au sein de ses amis ou de ses parents et c’est un combat psychologique très très dur car il faut parfois prendre les armes contre ceux qu’on aime. J’avais juste la volonté de travailler dans ce que j’aimais et je pense qu’une fois que l’on fait réellement ce qui nous apporte de la joie dans le cœur, l’Univers ne nous laisse jamais sur le carreau ! Ce qui a fait la différence pour moi c’est justement mon côté Haut Potentiel car j’ai proposé des choses qui n’existaient pas dans une voie déjà fortement pratiquée. Et j’ai pas du réfléchir à quoi que ce soit. La seule chose que j’ai eu à faire c’était tout simplement d’être moi. 

 

Faites-vous aussi ce que vous aimez et vous verrez aussi que l’image que vous aurez de vous ne dépendra pas de la société mais de l’amour d’aller dans ce qui vous fait vibrer ! 

 

 

[LIVRE] Hyperbole

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Noël approchant, je vous sais en manque d’idée 😉

Cette année j’ai relevé le défi avec ma filleule du Reading Challenge (2015 à 2017) que nous avons nommé affectueusement « défi livresque ». Dans les catégories, il me fallait lire un « roman graphique ». Je ne connaissais pas du tout ce style et comme je devais donc acheter un livre, je voulais trouver quelque chose de correct. Je suis alors tombée sur « Hyperbole » de Brosch qui me promettait la vie d’une HP recluse. C’est clairement mon coup de coeur de l’année!

 

Rire

Ca ne m’était vraiment plus arrivé depuis très longtemps, mais j’ai rigolé (oui oui pas juste souris). Parce que je m’y suis retrouvée assez souvent, parce qu’elle arrive à remettre avec des dessins très enfantins des choses très vraies et rigolotes sur cette manière de voir la vie très particulière qui lui appartient. Elle décrit sa pensée tellement subtilement que j’ai même compris des choses sur ma manière de penser à moi.

 

Un style original et travaillé

Original comme Brosch l’est elle-même tout simplement! vivant entre la Terre et son monde. Le livre est divisé en plusieurs histoires la racontant elle, son enfance ou son quotidien avec ses chiens ou ses états d’âmes. J’avais un peu peur que comme une BD ça se lise très vite mais ce fut tout l’inverse. Comme le style peut être un peu fatiguant à la longue, je me lisais un chapitre de temps à autre et j’appréciais vraiment. Parfois, le texte est un peu inutile et les cases suffisent amplement.

 

Une belle découverte

Je suis vraiment donc charmée par le style ! et je me demande s’il y aura une suite de la même qualité. Je me suis même rendue compte qu’une de ses cases était devenue un mème que j’avais vu passer plusieurs fois sur 9gag. Si vous avez du mal à rire d’habitude ou que vous-mêmes vous êtes très original, vous ne pourrez pas rester insensible. Le cadeau parfait à faire à ses congénères pour cette fin d’année =D

 

 

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[SERIE] Atypical, la vie sentimentale d’un ado autiste

 

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C’est LA série à laquelle on ne s’attendait pas du tout. Mais on est heureux ^^ Rien d’étonnant qu’elle nous parvienne des Etats-Unis où l’avance en matière d’autisme est très largement supérieure à la nôtre. Alors Atypical c’est quoi ? J’ai regardé la première saison pour vous (une deuxième saison a été signé).

 

Sam, un autiste de haut niveau

On arrive donc dans une famille américaine de classe moyenne avec Sam, un ado autiste dont le sujet restreint est le monde arctique et sa sœur neurotypique (mais certainement un peu HP). Sam est scolarisé sous la surveillance de sa soeur et travaille aussi dans un magasin de haute technologie accompagné de son meilleur ami, qui lui, très à l’aise socialement est son mentor bienveillant. La série retrace le parcours sentimental que peut avoir un jeune homme avec un TSA.

 

L’autisme dans la série

Au début, il y a un vrai déséquilibre. Sam qui est censé être le héro de la série est presque mangé par les personnages plutôt puissants que sont sa mère, sa sœur et son meilleur ami, ce qui le fait passer largement comme un personnage secondaire. On commence donc un peu à s’ennuyer et j’aurais pu lâcher à ce moment-là. Surement car la série doit attirer le plus large public possible et donc l’autisme n’est pas franchement mis en avant au départ.

 

Le sentimental

C’est donc au 4ème épisode que la série devient plus percutante quand Sam à une petite amie. J’ai entendu des phrases que j’avais déjà pu entendre d’amis Asperger ou d’ex compagnon. Soudainement, ça m’a fait comprendre beaucoup de choses. Je travaille aujourd’hui avec un public largement féminin en développement personnel et c’est vrai que j’ai très rarement l’occasion d’avoir des hommes Asperger dans mon cabinet. Ça m’a fait entrer en empathie avec des conversations que j’ai pu avoir où je me disais que c’était de la mauvaise foi alors que non. J’ai trouvé réellement très intéressant comment ils abordaient le thème de l’amour car je m’y suis aussi beaucoup retrouvée !  Ce qui paraît si simple aux gens normaux peut réellement devenir un casse-tête pour nous. Comment sait on qu’on aime? Sur bases de critères ou d’élans du coeur? C’est quoi un élan du coeur finalement? Et la série explique ça très bien.

 

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Conclusion – Avis

Je ne vais pas dévoiler plus car je n’ai pas envie de spoiler. Sam est un autiste de haut niveau avec les points principaux abordés (difficultés à comprendre le monde social, prendre tout au premier degré, franchise gênante, surcharge, besoin de contrôle excessif, psychorigidité, etc.). Et j’ai pu lire dans la critique de la série que cela en avait mis certains mal à l’aise car on est dans quelque chose parfois de trop stéréotypé. Pour ma part, je trouvais que c’était assez équilibré.

La série retrace aussi le parcours psychologique des parents pour qui c’est aussi difficile et à le mérite d’éclairer à la fois la situation du point de vue de l’enfant et de ses parents.

Personnellement, j’ai été très emballée par certaines idées (comme la fête de fin d’année silencieuse pour autiste qui en fait est vraiment géniale lol). Elle fait sauter pas mal de clichés. Et on voit que la série est vraiment au service de l’autisme et pas simplement pour une mode.

Dans les critiques souvent citées, l’acteur principal n’est en effet pas autiste. Celui qui le joue est en tous cas vraiment très proche car j’ai eu le doute pas mal de temps.  C’est vrai que la seule chose qui m’a étonnée c’est le manque d’une voix monocorde.

Clin d’oeil  au générique très très rapide voir inexistant et esthétiquement très épuré qui met bien en évidence la priorité différente des autistes à certaines choses. Je trouvais que c’était très approprié et bien pensé (car oui je passe mon temps à les passer la plupart du temps, sauf celui d’outlander *-*).

Donc  le début est un peu lent et fastidieux car ce n’est pas réellement Sam qui est au centre et si on connait déjà bien le sujet de l’autisme, on ne sera pas franchement emballé. Attendez donc un peu, car la suite devient nettement plus intéressante et je pense qu’on pourra se retrouver un peu dans ce que vit Sam.

La saison se termine en laissant une ouverture très banale pour Sam mais plus tendue pour ses parents.

 

Où la regarder?

La série pour le moment est disponible sur Netflix (je précise que si vous n’avez pas de compte, le premier mois est gratuit avec la possibilité d’arrêter à tous moments).

Mon adolescence HP

Cet article est peut être le début d’autres témoignages à venir. J’avoue que plus le temps passant, plus je laisse les souvenirs s’effriter sur cette période qui était certainement la plus douloureuse de ma vie

Ce n’est que très récemment que je me suis penchée sur mon adolescence. Un peu par hasard. Dans ma guérison personnelle, j’avais toujours repoussé ce moment car la souffrance qui y stagnait, m’empêchait d’y retourner sereinement. Dernièrement, je suis tombée sur un journal intime que j’avais commencé à écrire en 2003, soit quand j’avais 16 ans. Il m’a suivi dans plusieurs déménagements alors pourtant que je m’étais jurée de le jeter. Parce que je savais que ce qu’il contenait était authentiquement moi dans la gamme de toutes mes faiblesses et que c’était évidemment très dur pour moi de m’y confronter. De temps à autre tout de même, il m’arrivait de l’ouvrir pour en lire quelques pages et le refermer presque aussi vite. Pour l’oublier à nouveau pendant plusieurs mois.

Je l’ai repris en mains dernièrement car je savais qu’il pourrait justement m’aider à me guérir. Aussi parce qu’avec plus de dix ans de vie supplémentaire, j’ai une autre vision des choses.  Et je me suis surprise à lire une personne lucide. Une jeune personne qui ne se sentait aucunement à sa place, qui parle de conventions sociales qui ne lui correspondent pas, qui ne se comprend pas émotionnellement, qui ne sait pas quoi faire de son hypersensibilité mais une chose est sure, elle souffre énormément. Elle souffre de ne pas avoir accès à une vie sentimentale comme les autres, elle souffre de ne rien comprendre au social, elle souffre du genre humain et de son esprit cupide et égoïste. Elle ne comprend pas non plus qu’on ne la laisse pas faire ce qu’elle a envie, elle qui ne demande rien que la tranquillité d’esprit.  Déjà, elle n’a qu’une idée en tête, comprendre cette foutue société et l’aider à aller mieux. Je subis l’école comme une prison attendant que le temps passe… Durement, longuement (ce fut longtemps mon seul cauchemar récurrent dans mon sommeil, celui de retourner au lycée et subir à nouveau des matières sans intérêt dans lesquelles je ne m’en sortais pas). Sur le moment, je suis choquée, car à l’époque, je ne savais pas que j’étais HP et le livre est presque un plaidoyer à lui tout seul de ce profil.

Et au fil de la lecture, je m’attriste de voir aussi que j’avais tendance à consommer beaucoup d’alcool pour rendre ma vie plus supportable à seulement 17 ans. Pour éteindre ma souffrance et en réveiller une autre (j’aurai une prise de conscience violente par moi-même quand je verrai mes mains trembler par le manque. J’arrête alors du jour au lendemain complètement sous le choc).

Mais cette souffrance, elle commence bien plus tôt. Je me rappelle déjà à l’âge de 13 ans souffrir d’un manque de père. Le moment où on cherche un modèle. Dans ma famille, il n’y en a pas qui me satisfasse et je me sens comme une extraterrestre (sauf mon grand-père, HP aussi, qui sera quand même mon idole mais je le découvrirai que vers 18 ans quand il me décrira exactement ce que je vis à l’intérieur de moi-même et partira quelques mois plus tard). Je me sens incomprise totalement, avec d’un côté un manque d’amour par mon père (tout simplement car il n’est pas équipé pour savoir comment faire de par sa propre vie et son accès aux émotions) et ma mère qui au contraire, surcouve avec une vraie psychorigidité.

Donc à l’âge de 13 ans, je découvre le spectacle Notre Dame de Paris et particulièrement le rôle de Frollo (interprété par Daniel Lavoie encore et toujours) qui tout de suite me parle. J’en ai fait référence dans un article assez ancien (« ces méchants qui me fascinent »). Si Frollo m’inspire c’est parce que c’est l’homme de savoir mis à genoux par ses émotions. Dès lors, je dévore le personnage en plongeant dans le livre d’Hugo. Aujourd’hui, avec du recul, je me rends compte que Frollo a tout du bon Haut Potentiel touchant. A la fois c’est un vrai savant mais qui sort des sentiers battus et des conventions car il s’y ennuie très vite. Ce qui fait de lui un être original, confiant en ses capacités et loin d’être aimé de tous.  Il devient un maître dans presque toutes les disciplines possibles et est consulté de tout Paris. Sous des aspects très psychorigides, c’est pourtant un homme de cœur profond puisqu’il adopte Quasimodo lourdement handicapé lui apprenant à lire et à écrire. Il devient chef de famille à 18 ans suite à la mort de ses parents, lui laissant un nourrisson sur les bras, son jeune frère qui est son opposé même (débauché, frivole et irresponsable) mais à qui il ne sait rien refuser. Le personnage devient très vite un modèle de rigueur et d’exigence pour moi. A l’époque, je ne sais pas pourquoi je l’aime autant mais après réflexion certainement car il se perd en lui et se laisse envahir dramatiquement par la force de ses sentiments. Sentant qu’il perd complètement le contrôle et savourant cette sensation en même temps (la fameuse fatalité). Le côté tragique du Haut Potentiel brillant qui s’avoue vaincu devant ses émotions dont il ne sait quoi faire. Et avec son hypersensibilité à passer d’un excès à un autre (la privation totale vers un émotionnel dévorant). Le romantisme du personnage provenant certainement de ce  dilemme intérieur, entre la raison du mental et l’irrationalité du cœur où il se laisse aller complètement à nu entre fascination pour ce qu’il ressent et la honte de ses émotions.

Je décide donc d’entrer dans son modèle, plongeant dans les virages du mental qui veut expliquer tout. Poussé par une quête de savoir qui était de toute façon déjà mon credo mais y plongeant sans plus me sentir coupable. A 17 ans, toujours fascinée par le personnage, je me jure moi aussi d’être un jour maître. Ce que je ferai d’ailleurs 8 ans plus tard en passant ma maîtrise universitaire de sciences humaines. Avec l’amertume cependant de voir que celle-ci n’aboutira à rien et me laissant un goût d’échec. Je décide alors de faire un virage à 180° qui aujourd’hui me réussit totalement.  Qui m’a demandé de travailler sur moi jour et nuit et d’abattre toutes mes peurs, incertitudes et schémas limitants qui m’enfermaient dans ma psychorigidité accédant enfin au lâcher prise et à la joie de vivre.

Finalement, la seule facette de moi que je n’avais toujours pas osée toucher c’était mon adolescence me laissant sans aucune confiance en moi et en les autres. La souffrance de la différence, du rejet et comme seule échappatoire Frollo pour me dire que lui aussi n’était pas aimé mais respecté pour son savoir et admiré, et que moi aussi j’irai à cela.

Biensûr, en sortant du lycée, la dureté de la vie c’était déjà très fortement allégée et mon engouement pour Frollo avait bien diminué. Et quand j’ai été cherché mon diplôme universitaire, je m’étais dit que j’étais certainement arrivée à sa hauteur. Mais ces derniers mois, la réussite a vraiment été au rendez-vous pour moi avec une vraie reconnaissance de mes pairs alors que, selon leurs dires « vous êtes si jeune ».  (Cette réflexion je l’ai entendue souvent et elle me surprend toujours autant à chaque fois. Je me rappelle jamais avoir été une enfant… J’ai l’impression de porter bien plus que mon âge)

Je n’avais pas alors réalisé le parcours intense que j’avais mené sur moi depuis 15 ans ! Pour ma libération personnelle mais aussi celle de mes aïeux qui m’avaient légués avec bienveillance beaucoup de poids et de charges limitantes dans leur éducation. Et par tout ce travail acharné, aujourd’hui, je suis le guide de beaucoup de personnes pour les aider à être eux-mêmes sans peur de leurs différences et à ressentir la fierté d’être ce qu’ils sont, pour se donner l’amour qu’ils méritent. Et cette envie de témoigner pour me dire que toute cette souffrance doit être utile pour les autres, pour partager et pour se sentir moins seul.

Ainsi le 3 novembre 2017 à 20h30, je me retrouve au Zénith de Lille pour assister à la reprise de Notre Dame de Paris. J’avais réservé ces places un an à l’avance ! A côté de moi ma filleule qui connaît un peu toute cette histoire personnelle. En arrivant dans la salle, je suis surprise car les places sont idéalement situées de manière qu’à la fin du spectacle, j’ai cette chance inouïe d’avoir Daniel Lavoie juste devant moi, le seul personnage à avoir repris son rôle en 2017.  L’émotion est immense, je me rends compte que c’est l’ado qui refait surface, celle qui avait des émotions et des sentiments, qui malgré la dureté de la vie, avait décidé de vivre les choses à 100%. Au moment des saluts, il dit « bravo » en face de moi à tout le public. Alors l’émotion monte et les larmes coulent. J’ai compris qu’enfin je pouvais m’arrêter de travailler sur moi aussi intensément et que j’avais réussi mon pari: celui à 15 ans de m’en sortir et d’arriver à vivre épanouie dans cette société et heureuse. Je m’entends penser « j’ai réussi » presque incrédule. Parce que ça faisait tellement longtemps que j’essayais de me prouver des choses et que je cherchais à obtenir de la reconnaissance. Parce que je n’ai pas toujours été soutenue dans mes choix par ma famille, que j’ai dû me battre seule. Que j’ai eu la chance d’avoir les amis qu’il fallait, d’être accompagnée par ma Foi en l’Univers. Et je réalise qu’un cycle dans ma vie se termine, j’y suis arrivée. Je peux lâcher prise, je sais que je n’ai plus rien à me prouver. Je sens alors la souffrance refoulée de cette ado qui a fait ces choix dans sa détresse remonter pour être en paix. Sur le moment, je ne peux malheureusement pas me laisser aller à évacuer cela. Une tornade m’envahit, je ne me souviens jamais d’avoir été émue en public et surtout de le laisser apparaître.

Quand je reviens chez moi, je décide d’écrire dans mon livre de 2003 cet épisode qui fait que la boucle est bouclée et je ressens l’émotion se présenter à moi à nouveau.

Je vais alors dans mon cabinet à côté de mon bureau (ma pièce de délivrance) et je m’assois, les larmes affluent mais c’est de la joie. Ensuite arrive la souffrance enfermée qui se libère et je sens que je souffre terriblement, je me tords les mains, je gémis. Je comprends que mon choix était celui de continuer de vivre par tous les moyens là où certains n’auraient pas cherché plus loin… C’est d’ailleurs ce que j’aimais chez Frollo, c’est qu’il préférait se torturer avec ses émotions plutôt que se donner la mort. Je me suis torturée moi aussi longtemps, m’infligeant des souffrances pour me faire payer de ne pas être comme tout le monde. Pensant que l’amour était pour les autres et que je ne le méritais pas. Le repoussant ou le sabotant quand il se présentait à moi.

Quand les pleurs se finissent, je me souhaite la paix intérieure, je me souhaite au moins 15 ans de bonheur. Je me sens fatiguée mais c’est avec un grand soulagement. Je souris. Merci la Vie. Merci à Moi, de ne jamais avoir abandonné. Merci à l’Univers pour cette maison que j’ai avec un beau jardin, cet argent que je gagne par moi-même avec ma propre société pour laquelle je me suis battue, merci à tous mes amis extraordinairement fous et décalés qui m’aiment sincèrement autant que je les aime. Merci à toutes les petites choses de la vie.

Dans cet élan de gratitude, je vois apparaître mentalement devant moi celle que j’étais à 16 ans, à laquelle je n’arrivais pas à me relier tellement elle me repoussait de souffrance et de marginalité. Celle qui aimait des sujets restreints, qui préférait les conversations des hommes à celle des femmes, cette geek en quête de solitude assumée vivant recluse dans l’obscurité d’elle-même. Cette partie de moi autant morte que vivante. Je me rends compte que c’était en fait elle qui me portait depuis toujours. Alors je lui parle et je lui demande pardon de l’avoir rejetée. Je lui dis que je ne serais rien sans sa force mentale, sans son envie de croire qu’il y aura forcément quelque chose de mieux et sa façon de penser  qui se disait que tant qu’elle pourra apprendre de nouvelles choses, la vie n’est pas vaine (et encore moins quand on peut le transmettre). Je lui dois tout et enfin je lui redonne une place juste. Je sens l’apaisement en moi. Enfin, c’est bon, je m’aime complètement.

Alors, par curiosité, je me suis amusée à relire les passages du livre d’Hugo pour redécouvrir Frollo aujourd’hui. J’ai toujours beaucoup d’affection pour lui, pour ses faiblesses. On ne peut pas rester insensible à sa sincérité déchirante. Et je me reconnais toujours en lui pour la franchise qu’il a pour les autres et envers lui-même, ne cachant rien et l’exposant avec ardeur aux autres. Mais surtout je pense à celui qui l’a crée, au génie de Hugo. Je pense que Frollo devait être une partie de lui car on ne peut pas imaginer un personnage aussi profond sans avoir un peu vécu ses émotions.

En prenant du recul, je me dis que c’est aussi ridicule que c’est beau. De savoir que c’est l’existence à la fois d’un personnage de roman complexe et Daniel Lavoie qui l’a incarné qui m’ont permis de trouver du sens à ma vie pendant une période mais c’est ainsi. Ridicule car certainement ça renvoie à une partie de moi vulnérable. Si je suivais toujours son actualité de plus ou moins près, je suis très loin de la fan que j’étais quand j’avais 16 ans parce que je n’ai plus besoin de modèle depuis longtemps. Mais je trouve tout de même cela terriblement insignifiant et injuste que lui ne le saura certainement jamais. Peut être que savoir qu’il a fait du bien à quelqu’un pendant autant d’années pourrait lui aussi lui apporter de la joie (comme moi quand je sais qu’un client a trouvé le bonheur ou l’accomplissement suite à une séance avec moi). Finalement, certainement ce que je trouve le plus magique aujourd’hui dans la Vie. Son existence et le fait qu’il se soit accompli dans un métier qu’il aimait m’a permis de tenir le coup (ben oui, il n’a rien fait d’autre que d’être lui-même au final). Aussi simplement que ça, on peut faire du bien aux autres juste parce qu’on a décidé d’être authentiquement soi. Sans intention particulière. Juste celle d’exister et d’être aligné avec soi même dans sa vérité personnelle.

Bref merci la Vie!

Alors je me pose la question, suis-je la seule ? Y’a-t-il parmi vous des témoignages similaires avec d’autres personnes ? Est-ce que c’est bizarre à vos yeux ?

 

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Pour ceux qui seraient intéressés sur le retour du spectacle lui-même, je vous le conseille vivement. Evidemment, je connaissais par coeur la version de 1998. Les voix sont peut être moins puissantes que le premier casting. La mise en scène plus moderne avec des changements harmonieux et d’autres parfois un peu moins. Je trouvais le rythme plus soutenu que dans la première version, ce qui m’a parfois un peu bousculé. Mais au delà de ça, la mise en scène est toujours aussi bluffante. Ce qui m’a émerveillé ce sont les superbes couleurs, on se laisse emporter dans un autre univers avec autant de beauté qu’en 98. Le jeu des acteurs est plus fort que dans la 1ère version et c’est nettement mieux! Ca nous permet de vivre intensément ce moment magique *-*

 

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Où en suis-je?

Le temps passe vite. J’ai de moins en moins le temps de me tenir informée des nouvelles publications sur les autistes ou les HP car je suis de plus en plus à travailler avec vous sur le terrain, ce qui est plutôt bien en fait. Mais je n’ai pas que ce sujet-là à gérer et j’ai plein de projets sur les bras professionnellement.

Alors voilà le petit point de ces derniers mois, en lien aussi avec les messages que vous m’envoyez de temps à autre.

 

Où en suis-je pour les témoignages HP et Asperger ?

J’avais demandé en effet votre participation en début d’année pour recueillir des témoignages pour aider ceux qui se cherchent et se découvrent sur le sujet. Dans ma tête, ça aurait été une sorte de pdf disponible à tous, avec des témoignages anonymes sur des sujets précis. Le soucis c’est que je n’ai pas eu grand monde qui était prêt à entrer dans la démarche et que ça me demandait énormément d’énergie et de rigueur. Il est clair que j’aurais dû avoir des personnes supplémentaires avec moi pour faire ce travail. Il m’est tout simplement pour le moment impossible de mettre en place ce projet seule.

 

Où en suis-je sur l’hypnose et Asperger/HP ?

Je suis de plus en plus consultée sur ce sujet et ça me fait plaisir de voir que tout doucement le sujet de l’hypnose s’ouvre à l’autisme avec les professionnels. J’ai écrit de multiples articles sur ce blog. Aujourd’hui, je travaille principalement avec des HP et le travail est toujours aussi magique ! Mon étape maintenant est de bosser au niveau de l’énergétique principalement (voir article précédent). L’aventure continue et c’est vraiment passionnant.

Parfois certains de vous me demandent des séances. Au moment où j’ai proposé cela, j’avais le temps libre, je ne l’ai hélas plus aujourd’hui. Et souvent la distance nous sépare. Ce qui ne rend pas du tout les choses faciles. Mais quoi qu’il arrive je vous réponds toujours ou j’essaye de vous aider.

 

Quels projets pour l’avenir sur ce sujet ?

Plein de choses mais avec beaucoup de manque de temps pour les réaliser car je dois prendre autant de temps pour me ressourcer que pour travailler ! le manque de structures adéquates pour les jeunes me renvoie à ma propre histoire et je me désole de voir qu’une douzaine d’années après avoir quitté le lycée, on en soit toujours au même point. A savoir qu’il n’y a pas de place pour une autre forme de pensée, que cela soit à l’école ou au travail. Alors j’ai très envie de donner la possibilité aux Haut potentiels/Aspergers de veiller sur leurs congénères en fondant une institution de travail ou d’étude. Il me paraît de plus en plus important de nous diagnostiquer entre nous. Loin de moi l’idée d’un sectarisme, mais tout simplement car nous sommes les premiers à le vivre et à pouvoir être empathiques sur ce sujet. La force aussi de trouver des adultes qui aujourd’hui ont réussi et sont intégrés pour porter les plus jeunes et leur donner espoir qu’il est possible d’avoir une belle place dans cette société et d’en créer pour nous !

 

Aussi et de manière urgente, je suis affolée de voir que face aux ados hyperactifs, au lieu de trouver un bien être dans le foyer ou de comprendre ce qui se passe derrière cette manifestation, on prescrit du Risperdal ou on les noye sous les médicaments ! Ça me révolte complètement et il faut absolument commencer des recherches afin de sortir nos enfants d’une condamnation chimique qui ne leurs offrent aucun avenir leur supprimant toute confiance en eux et toute possibilité d’insertion dans la vie active de manière équilibrée. Le sujet me touche beaucoup et si certains de vous se sentent concernés ou ont des enfants hyperactifs et qu’ils ont trouvé de méthodes naturelles ou de développement personnel pour diminuer ce comportement, je suis preneuse !

 

Et moi où j’en suis ?

Aujourd’hui, mon plus grand défi est de savoir me lire émotionnellement et de lire ce que mon corps me communique, ce qui ne va pas toujours de pair avec ce que je ressens psychologiquement. Je peux être mentalement très stimulée et ne pas sentir que mon corps donne des signes de faiblesses. Je peux me penser très détachée dans une situation et le ressortir quelques jours plus tard par des maux divers (estomac, intestins,…).

J’ai aussi appris à me lire dans la subtilité et cela je le dois à un expert dans mes amis HP qui m’a initié à la CNV, que je conseille vraiment énormément car cette discipline permet à la fois de comprendre ce qui se passe à l’intérieur de soi mais apprend aussi à le retransmettre avec des mots justes en évitant les trop plein à l’autre ! C’est juste génial (voir Isabelle Padovani sur youtube, HP elle-même et passionnante).

Cessons la comparaison !

 

Si je suis moins présente sur le blog c’est parce que je suis plus active auprès de nous dans la vie réelle. De plus en plus dans mon cabinet, je vois passer des hypersensibles et des haut potentiels qui s’ignorent et de tout âge!

Au fil du temps et des témoignages, au fil de ma propre expérience, je me suis rendue compte que nous avions une fâcheuse tendance à souffrir principalement car nous cherchons à nous comparer à une majorité qui n’est pas la nôtre.

Même si c’est cette majorité aujourd’hui qui décide de tout, elle ne nous correspond pas et donc il n’y a aucune raison que nous nous plions au système. Et je dis cela avec grande sérénité, sans élan de colère ou autre. Pour bien me faire comprendre, je vais vous exposer cette image que j’utilise très souvent : 90% des gens sont sur Windows et 10% sont sur Apple (c’est une allégorie évidemment). Ce sont deux systèmes d’exploitation (transformez ça en système cognitif) qui ne sont nullement comparables par leurs différences. Comme nous. Sauf que Windows ne décident pas de comment doit fonctionner Apple. C’est ce qui se passe pourtant avec nous puisque la plupart des chercheurs ou psychologues et psychiatres qui cherchent des méthodes ne sont pas Haut Potentiel, hypersensibles, TDA ou Asperger…

D’autant plus que jusqu’à présent, on nous offre principalement des médicaments pour aller mieux. Grosse plaisanterie puisque les effets secondaires sont souvent dévastateurs et que la plupart d’entre nous sont hypersensibles aux médicaments. Chose qu’il faudrait grandement considérer car nous finissons souvent par ne plus prendre de médication et nous nous retrouvons à la case départ à supporter une souffrance non comprise par les 90% qui cherchent des solutions.

Donc cessons de nous comparer, nous avons notre propre fonctionnement et les médicaments, les méthodes de soins doivent être pensées par les nôtres. Voici pour le premier point. Mais ce n’est pas là que j’ai le plus envie d’attirer votre attention.

Parlons simplement de la sphère de notre vie. Je vois des ados complètement déprimés essayer de se mettre dans un moule tant bien que mal, échangeant une souffrance, celle de la différence, par une autre, celle de ne pas être soi même pour s’intégrer. Cela créé souvent une estime de soi défaillante où nous nous retrouvons nul part. Abandonné dans la société et parfois au sein de la famille ou du relationnel. Commence alors la multitude de questions sur soi « qu’est ce qui ne va pas chez moi? » « pourquoi je ne pense pas comme les autres? » « pourquoi vivre comme ça ? » « Suis je légitime dans ma manière de penser vu que personne ne me comprend? » etc etc

Beaucoup de gens m’arrivent sans plus aucune estime pour eux, pensant que dès lors qu’ils ont une idée ou un avis, il est forcément mauvais ou sans importance car cela vient d’eux.

Et cela est normal car on ne devrait pas voir cela sous l’angle de la comparaison mais plutôt dans celui de la complémentarité. Par exemple, si vous avez un avis, dites vous plutôt « comment celui ci pourrait compléter l’avis de la majorité? » et non pas « pourquoi il ne correspond pas à l’avis de a majorité?« . Une fois qu’on a bien compris qui on est et qu’il est inutile de se comparer à une masse qui ne fonctionne pas comme nous, alors on peut y entrer pleinement en toute confiance. Alors on ne se sent plus dévalorisé car nous savons au fond de nous qui nous sommes vraiment et on peut commencer à construire dans ce monde quelque chose de bénéfique. Parce que nous avons besoin des uns des autres. Notre profil ayant ses faiblesses et ses forces, tout comme celui la « normalité » (si je puis dire). Et là on peut enfin s’intégrer pleinement à la masse sans être dans une imitation de quoi que ce soit. En étant profondément nous mais heureux de porter cette différence pour aider le monde à aller mieux.

Car oui nous avons beaucoup de forces à notre service une fois que l’on règle les soucis de notre estime de nous qui au départ, nous met plutôt en face, un réel handicap de vivre avec ce système cognitif. Je vous assure que c’est réellement tout le contraire et qu’il faut d’abord nous apprivoiser nous-même, apprendre à nous connaître, savoir comment nous fonctionnons. Et une fois que nous arrivons à contrôler la machine, alors nous devenons redoutables 😉

Si vous êtes parents, encouragez la différence de vos enfants comme quelque chose d’extraordinaire pour que celui-ci le vive dans l’Amour. Il ne s’agit pas d’un combat mais d’une simple évidence.

Les enfants étant souvent le reflet de nos propres blessures, changez votre perception de vous-même et commencez à vous aimer tel que vous êtes, et vous verrez que cela se transmettra à vos enfants qui ne subirons plus la moquerie ou très peu (car souvent les autres sont miroir de nos failles et faiblesses). Et que lorsqu’on s’aime et que les autres le sentent, il n’y a plus aucun plaisir à essayer de détruire l’autre dans une blessure fermée, qui n’existe plus (voir la loi de l’attraction pour ceux que ça intéressent).

 

Bref nous sommes des personnes formidables mais en nous comparant à une majorité qui ne nous correspond pas, il est évident que l’on ne peut pas voir ce qu’il y a de bon en nous ! Cet article n’est pas une ôde à nous séparer des autres. Mais plutôt à nous voir comme des engrenages qui venons embellir ce monde par notre système particulier. Et si vous commencez à vous percevoir ainsi, vous comprendrez enfin que votre place dans ce bas monde est inestimable! Nous avons tous une place à prendre, quelque chose à partager, à donner à ce monde. Il faut simplement trouver sa voie, écouter son coeur et vivre pleinement ce qui nous fait vibrer, sans faire attention au regard des autres. Nous avons tous quelque chose en commun, notre coeur. Alors faites en bon usage!  

Le Drive, la solution des gens pressés et asociaux =D

En tant que personne qui aime avoir le minimum d’interaction sociale, j’ai découvert le drive. Je sais beaucoup d’entre vous ont déjà été converti à cette méthode… révolutionnaire *-*

Elle a  ses détracteurs et ses fidèles et j’aimerais faire le point avec vous aujourd’hui sur tout ce qu’on peut entendre sur cette facilité de consommation lol Et principalement deux choses :

 

La viande, les légumes et les fruits, c’est bof !

Je ne sais pas pourquoi mais j’entends beaucoup de personnes dire qu’au drive on vous met les légumes pourris du magasin dans votre panier… Je n’ai jamais eu ce type de soucis. J’ai bien eu parfois un légume abîmé ou pourri mais c’est normalement vérifié à la livraison avec le client et si jamais ça arrive, il suffit de faire une photo et c’est remboursé sur les prochains achats (enfin du moins chez Leclerc).

La seule chose qui peut gêner c’est lorsqu’on achète à la pièce et que parfois on trouve qu’on a payé cher pour pas grand-chose car on reçoit une petite pièce. Pour la viande, elle est souvent spécialement emballée pour le drive. J’avoue que je ne l’achète quasiment pas mais pour l’expérience que j’en ai eu, jamais eu de soucis de ce côté-là non plus.

Après, si vous aimez choisir par vous-même, c’est clair que vous serez peut être frustré mais pour ma part, sur certains légumes, surtout vendus en sachet, pas de soucis (tel que carottes, champignons, navet, pomme, oignons, etc)

 

C’est plus cher qu’en magasin pour payer le service !

Nope ! C’est pas plus cher, vous pouvez même comparer le prix sur place et sur l’appli.

 

Alors en quoi le drive c’est pratique au final ?

Vous aimez Amazon? Le drive c’est un peu pareil. Parce que vous avez la possibilité de rester chez vous, au chaud, et sur une appli ou sur le PC à regarder à votre aise tous les produits et les comparer jusqu’à trouver le produit qui vous correspond. En général, le catalogue de produits est quand même aussi fourni qu’en magasin.

Ce qui a fait que j’ai tout de suite adoré cette méthode c’est que je pouvais tout comparer au poids, découvrir aussi de nouveaux produits, jouir des promotions sans stress de calculer sur place si c’est bien ou non, ne pas attendre qu’une partie du rayon se libère pour y accéder ou ne pas avoir des gens qui attendent derrière nous qu’on libère le rayon, pas de mômes qui courent partout et pas de monde en fait .__. et enfin, pas de caisse où il faut tout mettre sur le tapis, s’inquiéter de ranger assez vite et dans tout ce tralala préparer le moyen de paiement. (et pour ma part oublier au moins un truc sur place comme mes clés ou mon portefeuille parce que trop d’infos à gérer ;__; )

Autant vous dire que j’ai fait pas mal d’économies aussi depuis que je suis au drive car on n’est pas tenté d’acheter ce qui est mis en avant de rayon.

De l’économie, j’en ai aussi gagné au niveau du temps ! Car avant quand j’arrivais au magasin j’avais une liste par ordre des rayons mais il m’arrivait d’oublier quelque chose et de devoir retourner au début du magasin (agacement maximal). Voir pire, quand les rayons étaient changés de place, je mettais une blinde à tout retrouver et ça m’énervait énormément…

Au niveau interaction sociale, on est au minimum ! On gare la voiture, on signale qu’on est là par sa carte de fidélité, on attend sagement, on nous met les courses dans le coffre et on se barre ! Temps d’attente moyen entre 5 et 10 minutes. Il n’y a pas de limite de courses, vous pouvez acheter tout le magasin (ça dépend votre voiture en fait) comme des courses d’appoint.

 

Les inconvénients

Alors bon, j’avoue que y’a quand même un gros désavantage. En effet il m’est arrivé plusieurs fois de ne pas faire attention au poids d’un produit et me retrouver avec une toute petite quantité (bizarrement l’inverse ne m’est jamais arrivé…).

Pareillement, il y a parfois des soucis de stock ! Les produits, selon les magasins, peuvent parfois être vite hors de stock… Voir certains disparaissent du catalogue sans réapparaître. Et ça oblige à acheter une autre marque pour dépanner.

 

Comment choisir son drive ?

Le plus facile est tout simplement à mon sens de faire une liste de course basique et de la faire en simulation sur plusieurs plateformes d’achat et de voir où c’est le moins cher (mais certains font leurs courses à plusieurs endroits déjà par économies et c’est toujours possible).

Certains drive gonflent quand même parfois fort les prix, surtout s’ils livrent à domicile.

 

 

 

La voie du couple

Hier en rangeant mes papiers, je suis tombée sur le fruit d’une réflexion d’il y a un an ! Et c’est très symbolique car ça fait un an que je me suis séparée de mon ex compagnon avec qui j’ai été en couple 4 ans. Certes beaucoup moins longue que beaucoup d’histoire et je suppose bien plus  que d’autres…

Si j’en parle aujourd’hui c’est parce que l’Amour est certainement le sentiment qui nous perturbe le plus. Faut-il rester dans le cœur ou faire appel au cerveau pour y voir plus clair au risque de couper totalement l’émotion ? Comment faire quand on a difficile à savoir ce qu’on peut ressentir ou ce qu’on devrait ressentir?

Cette relation de souffrance m’a aidée à corriger beaucoup de choses en moi puisque je pensais toujours que je faisais un truc de travers en tant que bon HP incapable de s’aimer. Je me remettais donc tout le temps en question jusqu’au jour où l’épuisement m’a gagné et que les doutes ce sont faits de plus en plus criants.

Comme une synchronicité, je suis  tombée sur la vidéo « la voie du couple » d’Isabelle Padovani (en fin d’article). Cette vidéo m’a inspirée des réflexions que je vous partage ici avec celles de Padovani.

Donc commençons, si je suis en couple mais que je ne me retrouve plus dans cette relation, qu’est-ce qui me fait rester sur les cailloux ? Dans le sens, pourquoi j’accepte cet inconfort ? Est-ce par dépendance affective ? Ma situation financière ? Est-ce que j’ai des enfants avec cette personne ?

Comme beaucoup, je me disais souvent que mon ex compagnon était gentil, ce n’était pas un bourreau. Et donc logiquement le problème devait venir de moi, je devais être trop exigeante etc. Et j’ai remis en cause des valeurs qui m’avaient construites comme étant fausses alors que ça ne l’était pas. Dans le concept du développement personnel, j’ai vu l’autre comme mon miroir en me disant que tout ce qui n’allait pas devait être bossé. Et après quatre ans de relation où je n’ai fait que me reconstruire, je n’étais plus du tout la même personne. Je n’avais plus du tout les mêmes besoins, les mêmes envies et les mêmes idéaux.

Les doutes s’intensifient et on cherche à se rattraper à quelque chose. Pour nous qui mentalisons/analysons tout, on se dit qu’on a peut-être loupé une donnée essentielle qui viendrait tout changer. Alors on attend, on attend, on attend… Rien ne vient. On ne veut pas forcément voir l’évidence. C’est  un tremblement de terre sous nos pieds et on se voile la face, on se plonge parfois dans le déni. Surtout quand on a une maison, un compte commun, des responsabilités financières, des enfants, etc. Et d’un point de vue Asperger ou HP, on se dit qu’on a réussi des choses qu’on pensait inaccessibles et l’idée de tout détruire est un échec encore plus cruel.

Pourtant voici les questions à se poser :

  • Est-ce que vous avez l’impression que cette relation vous grandit ? Si non, pourquoi vous y restez ?
  • Est-ce ainsi que vous imaginiez une relation de couple ? Est-ce que cette relation vous épanouie ou au contraire est-ce qu’elle vous angoisse ? Est-ce que c’est à cause d’un comportement vous concernant ou est-ce l’autre dans sa façon d’être ?
  • Est-ce que l’autre répond à vos besoins ou envies et ce même s’il est très gentil et bienveillant ?

La dernière question est la plus importante car on se dit souvent qu’on ne trouvera pas mieux ailleurs et qu’on devrait être plus souple. A vrai dire, elle soulève surtout votre valeur personnelle ! Si on manque de confiance en soi, on risque de rester des années avec une personne qui ne convient pas, emprisonnée dans des schémas qui nous bouffent, uniquement car on a peur de ne pas trouver mieux. Comme le dit Padovani : s’il n’y pas peut-être pas mieux ailleurs, il y a mieux en vous ! Et rester dans une relation qui nous ronge, c’est tout simplement se limiter dans son propre potentiel et surtout s’empêcher d’avancer. Mais comment le voir quand on vit avec une personne qui ne le met pas en évidence ? C’est une image tronquée de nous qui est renvoyée perpétuellement et on finit par dépérir.

Alors voici la belle métaphore que donne Padovani et qui a été celle qui m’a aidée à prendre une décision. Elle a été très révélatrice car j’ai entendu ce jour-là ce que je pensais depuis longtemps, et l’entendre de la bouche de quelqu’un d’autre rend légitime ce qu’on pense.

Imaginez que vous avez un jardin privé avec des parcelles représentant des parties de vous (faites l’exercice et amusez-vous à les définir, par ex : la liberté, les besoins affectifs, la réalisation de soi, le confort matériel, la joie, etc). Il y a des parties dont on s’occupe très bien seul et d’autres pour lesquelles on a besoin d’aide parce qu’on ne sait pas comment s’y prendre ou on n’a pas les compétences pour s’en occuper. De temps à autre, vous rencontrez un(e) jardinier(e) qui se présente, c’est une possibilité que celui(celle)-ci devienne votre moitié. Ce qui vous intéresse c’est justement qu’il(elle) prenne soin des parcelles vides ou vous donne un coup de main pour améliorer les autres. En échange, vous ferez pareil de son côté.  Alors si vous êtes en couple interrogez-vous :

Est-ce que cette personne prend soin des parcelles qui vous intéresse ou s’occupe que de celles que vous cultivez déjà ? Y’a-t-il un intérêt d’avoir une personne qui s’occupe déjà de ce que l’on fait bien seul ? Et vous, prenez-vous soin des parcelles de l’autre qui lui sont utiles ?

Est-ce que depuis que j’ai ce jardinier, certaines parcelles dont je m’occupais bien seul dépérissent ? Mais est-ce que d’autres sont nourries ? Ou au contraire, j’ai perdu des parcelles sans en gagner ? Quoi qu’il arrive, il faut se dire qu’un bon jardinier ne sacrifie aucune parcelle pour d’autres. Au minimum, il maintient celles du départ. Au mieux, il en ajoute d’autres. Autrement dit, ne laissez personne de moins bien que vous aller dans votre jardin et ne signez pas un CDI avec le premier jardinier qui s’intéresse à vous.

Je me rappelle avoir écrit ceci dans ma lettre de rupture « je crois tout simplement que nous ne prenons pas soin des parcelles que l’autre désire voir cultiver et nous le savons depuis longtemps ». Nous avions des attentes très différentes le temps passant. Nous savions inconsciemment très bien que nous ne prenions pas soin des parcelles que l’autre voulait et c’était même devenu un moyen pour se blesser. Un peu une manière de se venger de ce que nous ne recevions pas. On faisait exprès de maltraiter les parcelles vides ou de maltraiter les existantes. C’est insidieux et invisible. C’est là que les dégâts commencent car tout est réalisé dans le silence et prend place dans le quotidien.

Si vous êtes célibataire, prenez donc votre temps pour regarder votre jardin et établissez un contrat pour jardinier. Il faut au moins que vous trouviez qqun d’aussi bien voir mieux que vous pour en prendre soin. Mais certainement pas moins bien! C’est aussi ce type de choix, qui vous donnera toujours envie d’aller prendre soin des parcelles de l’autre. Car ce n’est pas un sens unique ! Finalement, nous qui aimons la logique, ceci l’est complètement. On ne laisse pas entrer quelqu’un pour saccager le travail que l’on fait mais pour le sublimer ou le compléter.

Si nous réfléchissons bien, nous avons certainement tous une expérience où nous savions parfois éperdument que nous ne pourrions pas prendre soin des parcelles de l’autre ou que l’autre était incapable de prendre soin de nos parcelles, pourquoi alors avons-nous posé ce choix ? A moins qu’il y ait une réelle volonté d’apprendre ensemble à s’occuper l’un de l’autre, ce qui est très différent, nous ne devrions jamais nous lancer dans une relation que nous ne sentons pas dès le début prometteur de joie ou de bonheur. Combler la solitude amène simplement un manque de liberté avec la mauvaise personne.

Voilà pour la réflexion que je voulais vous proposer aujourd’hui. Je fais très peu d’articles sur le relationnel amoureux parce que c’est généralement très délicat mais celui-ci me semblait un devoir d’ordre public xD

Pour ceux qui voudraient voir cette vidéo que je conseille fortement!

Debrief Soirée HP sur M6

Comme annoncé, hier était une soirée surdouance sur M6 (vous trouverez certainement un replay). J’ai assisté à un concours de bêtes de foire, calculettes vivantes à l’égo surdimensionné qui se battent entre elles et présentant la haute potentialité comme on la percevait il y a 30 ans (voir plus).

 

Le concept 

Mais revenons à l’émission. M6 décide de suivre plusieurs élèves dans leur intimité reconnus pour leur surdouance et qui participent à un concours organisé par Mensa. Le gagnant obtenant 20 000€ pour son école.

Première chose qui me choque dans le suivi de quelques uns, la manie des parents à être inquiets parce qu’ils se reposent sur leurs acquis ou inversement, les poussant dans les extrêmes en les faisant réviser au delà de ce qui me semble correspondre à une enfance équilibrée. Un couple de parents précisant même que leur enfant souffre d’insomnies à 9 ans. Le psy de Mensa commente ensuite que les HP ont un profil aux insomnies…  Alors là franchement STOP!

Oui, il est clair que les insomnies sont liées au cerveau qui ne s’arrête jamais de réfléchir. Mais quand on pousse son gosse à bosser sans cesse et à tout le temps réviser ou apprendre au delà du programme, est-ce franchement étonnant ? Si ces parents ont à coeur de transmettre des valeurs de travail, il serait aussi bon d’apprendre que l’on peut aussi se reposer et s’offrir des moments de détente. D’autant plus que le gamin n’est pas du tout en échec scolaire, alors pourquoi le priver en partie de son enfance? J’avoue que ça me fait un peu peur de voir ce gosse à 9 ans qui a l’air complètement robotisé. Si la philosophie zen est en explosion chez nous avec les techniques de relaxation, c’est pas du tout un hasard. Nos sommes actuellement dans un déséquilibre où les valeurs de travail sont bien plus présentes et démolissent beaucoup de personnes vers la quarantaine ou la cinquantaine causant de nombreux burn out. Et ceux qui abusent le plus de ces méthodes, ben ce sont nous! car notre hypersensibilité peut nous emmener très vite en enfer.

Biensûr, je pense sincèrement que les parents ont eux-mêmes reçu cette éducation et que c’est à leur sens « la voie juste ». Alors j’aimerais témoigner. Moi aussi je viens de cette éducation. A 7 ans, mes parents me faisaient réviser les week end dans les matières faibles, me faisaient prendre de l’avance sur le programme, etc. Je ne vivais que pour les bulletins de notes et recevais des récompense en fonction. J’ai commencé à 7 ans et cela n’a pris fin qu’à 25 ans avec l’achèvement de mon Master. N’ayant fait que bosser comme une tordue, n’étant jamais sortie avec les amis car je devais sans cesse travailler, je me suis retrouvée épuisée à la fin de mes études avec en prime un ulcère à l’estomac, une psychorigidité très avancée, un décalage complet avec le monde et aucun boulot à la sortie (mais 17 de moyenne youhou .__. ). Aujourd’hui, cette expérience me laisse tout simplement un goût amer et énormément de regrets, j’aurais du aller m’amuser avec les autres et je ne pourrais jamais revenir en arrière. Je n’ai tout simplement jamais profité de la vie et avant même d’arriver dans le monde du travail, j’en étais déjà dégoûtée car j’avais eu l’impression de n’avoir fait que ça. Le goût de l’effort s’est alors transformé avec le temps en une phobie qui rappelle un passé ressemblant très fort à une prison intellectuelle (je reviendrai dans un article en détails sur ma scolarité).

Je suis aussi heureuse de voir certains parents font confiance dans les capacités de leurs enfants et ne les remettent pas en doute.

Néanmoins, je reste attristée de voir que Mensa organise ce concours car ça confirme ce que je pensais d’eux depuis longtemps. Mensa c’est pour l’élite des haut potentiels. C’est cette image qu’aujourd’hui j’aimerais détruire, tous les haut potentiel n’ont pas des résultats scolaires de fou ou ne sont pas des singes savants à la mémoire impressionnante. Et je ne me reconnais personnellement pas dans ce que je peux voir.

 

Les adultes 

Passons maintenant à la seconde partie de soirée, dédiée aux adultes. Déjà, je félicite M6 d’avoir parlé des adultes souvent oubliés (on s’en plaint tellement du côté des autistes). L’émission suit quatre HP dans leur quotidien : un père de famille HP dont l’enfant est HP, une mère de famille qui se fait diag à l’âge adulte et deux jeunes HP qui se battent dans le monde du travail. L’un pour en obtenir et l’autre pour en trouver un autre à la hauteur de ce qu’il est.

L’émission effleure vraiment de très gros sujets qui méritaient plus d’approfondissement. D’autant plus qu’elle était commentée par Siaud-Facchin dont j’aime beaucoup le travail et qui elle-même à du être frustrée de voir à quel point elle a été coupée au montage… Le reportage est en fait un résumé de beaucoup de choses un peu brouillonnes.

J’entends parler de la notion d’ennui. C’est aujourd’hui ce qui me fait encore le plus de soucis. La vitesse à la laquelle je peux maîtriser un savoir ou faire le tour d’une personne. L’ennui qui s’en suit et la frustration, le besoin de mettre quelque chose sous la dent mais aussi l’instabilité que ça provoque. Car c’est ce qui me fait papillonner dans tous les sens. J’avoue aujourd’hui être très très fatiguée de ce système. Quand on est jeune, on peut se permettre de vivre ça mais adulte avec des factures à payer, professionnellement, c’est autre chose. Je reviendrai surement sur ce sujet en détail dans un autre article.

J’entends parler aussi du « faux self » ou cette manie de se créer une vie qui n’est pas la vraie pour être intégré au sein d’un groupe. Je me rappelle en avoir un peu usité ado sous la pression du groupe. Comme la personne le disait « ce déchirement entre être soi ou intégré ».

Enfin, je retiens aussi que pour se faire diag à l’âge adulte, il faut débourser entre 300 et 500€… Sérieusement ? Dans le reportage, on parle d’une démarche courageuse. C’est clairement vrai puisqu’il faut limite s’endetter lol Reste la méthode cheap, si vous réussissez le test Mensa (40€ pour participer), vous savez que vous êtes au dessus de 130 de QI car ils ne prennent pas en dessous. Mais ça ne vous donnera pas le chiffre exact du quotient.

Si le reportage est un peu plus juste que pour les enfants (bien que l’on reste sur des adultes aux capacités extraordinaires), je regrette que dans les deux reportages, on ne parle pas plus des difficultés sociales de ce profil. Car à écouter être HP c’est hyper cool et personne en souffre (ou très peu). Chez les adultes, le reportage met en avant le décalage que l’on peut avoir avec les gens normaux mais le sujet est à peine exploré.

 

Conclusion

Ces reportages pourtant bien destinés aux NT ne présentent que le côté « savant » à la Rain Man et classifie les HP loin de l’échec et des difficultés sociales.

Ils ont tout de même essayé de présenter tous les types de profils possibles mais que ce qui était observable et compréhensible de tous était à mon sens que la partie visible de l’iceberg et la moins intéressante.